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Comprendre la transmission de la mémoire intergénérationnelle

« Mémoire de là-bas » est une plongée au cœur de la mémoire de trois générations de pieds-noirs afin de comprendre comment s’est transmise leur histoire. La première génération a eu une activité professionnelle et a fondé une famille en Algérie. La deuxième génération concerne de jeunes adultes avant l’exode de 1962. La troisième génération est née en France. L’ouvrage est construit à partir d’extraits d’interviews commentés. Je ne suis ni historien, ni sociologue ou politologue, mais psychologue, et j’ai traqué les faits tels qu’ils ont été ressentis, imaginés, transmis à la descendance et reçus par elle. Cette incursion dans le souvenir révèle les représentations d’un là-bas disparu. Également les silences qui ont privé les jeunes générations de leur mémoire et de leur histoire. Pourtant, malgré cette absence de paroles, la troisième génération a accompli sa résilience. Cinquante ans après l’exode des pieds-noirs, « Mémoire de là-bas » donne enfin les clés qui permettent de comprendre un exil d’un pays qui n’existe plus.

lundi 10 août 2009

DÉPOSEZ ICI VOS ÉMOTIONS, COUPS DE GUEULE, POÈMES....


62 commentaires:

Anonyme a dit…

Bravo pour votre livre. Je suis une mamie de 85 ans. D'accord pour un interviw avec ma fille et mon petit-fils (qui tape mon message).
Je fais un commentaire en rapport au départ. C'est ça que vous voulez ?
La veille, on avait mangé avec des amis à la maison. On a fini les bouteilles en se disant qu'on allait pas leur laissé. On a préparé les valises. J’ai emporté du linge de maison et quelques vêtements. Les filles ont voulu emporter leur tourne-disque et les disques. Elle nous avaient dit, Maman, c'est tout ce qui nous reste. On a donc emporté les Johnny Hallyday et les Chaussettes noires. On avait attaché une couverture sur chaque valise. Mon mari nous a amené au bateau avec ma mère et ma belle mère. On s'est installé dans des cales. C'était atroce. Tout le monde pleurait en regardant les côtes s'éloigner. À la gare de Marseille, on s'est séparées. On a quitté ma belle mère qui allait à Toulouse chez sa fille. Ma mère est partie vers Avignon. Nous on a pris un train puis un car pour l’Ardèche, hébergé chez des amis. Mon mari est rentré fin août. Il m’avait fait peur en arrivant, paarce qu’il était dans un tel état. Donc, on avait plus rien, pas un sou vu qu’on avait tout mis dans notre maison, un seul salaire, et encore, mon mari qui était fonctionnaire a dû attendre deux mois pour être payé. Il avait été obligé de se sauver très rapidement parce que la villa allait être occupée et il craignait pour sa vie. Il a emporté de la vaisselle, la machine à coudre et il a oublié les photos et il a embarqué à six heures du matin.
Simone

Emilie a dit…

Je me permets de reproduire ici un texte que j'ai écrit pour un autre blog (http://touslesgaronssappellentpatrick.blogspot.com/2009/07/rire-amer-chez-les-arvernes.html)
et qui répond en somme à certaines questions que vous posez. Je le coupe en épisodes successifs car je crains que l'ensemble ne passe pas en une seule fois.
Hubert, vous pouvez, si vous le souhaitez, l'afficher en entier sur votre blog.



"Rire amer chez les Arvernes

Pieds-noirs.
Ce sobriquet dont on nous a affublés, nous avons eu l’humour de le revendiquer. On en ignore l’origine exacte, mais de toutes les explications avancées, celle que je préfère est d’Edmond Brua, pied-noir, né à Philippeville, comme moi, et auteur d’une parodie du Cid en pataouète : dans le midi, les pieds-noirs sont les passereaux qui s’envolent vers l’Afrique en automne. Quelqu’un aurait lancé le surnom et il nous serait resté. Oiseaux migrateurs, comme les passereaux, nous avons fait l’aller-retour, mais il n’y aura jamais d’autre automne.
«Un peuple sans passé» disait Camus. Ce n’est plus vrai puisque l’Histoire, en frappant à «la porte du malheur», leur en a offert un…
Personne ne peut guérir de l’Algérie : de mon enfance coupée en deux, arrachée à l’Afrique, sur l’autre rive, il reste une petite valise de souvenirs éblouissants de lumière au fond du placard où s’entassent les injustices et les mensonges d’une guerre, puisqu’il faut bien l’appeler
par son nom.
L’Algérie, c’est une image fixe et mouvante, couleur de ciel et de sable, sous une lumière aveuglante, où j’entre toujours à mon insu, qui s’impose à moi et que j’interroge depuis toujours parce que je sais qu’en elle se trouve la clé de l’énigme, la mienne. A l’école de mon village du Constantinois, nous sommes seulement trois enfants européens parmi de nombreux petits écoliers arabes. J’ai quatre ans, j’aime l’école. Mon instituteur est Kabyle. Il m’a mise dans le groupe des petits, mais, en écoutant d’une oreille ce que faisaient les grands, j’ai appris à lire, à son insu et de mon plein gré. Il ne s’en est pas aperçu tout de suite, c’était une surprise ! Chaque matin, je sors du rang pour l’embrasser. C’est un rite qu’il accepte, un accord tacite entre nous. Au village, on ne s’explique pas le comportement fantasque de la fille de N… Je crois que je le remerciais simplement, lui, «l’indigène», de m’avoir appris à lire et écrire la langue française, comme si mon cœur d’enfant y voyait la preuve de son attachement à la France, à nous. Plus tard, on apprendrait qu’il avait quitté l’école pour aller grossir les rangs du FLN ! Aujourd’hui encore, lorsque j’en parle, je me heurte aux mines dubitatives de la foule des ignorants : «Comment, «ils» étaient donc instruits, ils allaient à l’école, ils pouvaient enseigner ? »

Emilie a dit…

(suite)
La scène hantée, l’image qui me colle à l’âme, c’est celle de cette sortie d’école, un après-midi de printemps. Les enfants se précipitent dans la rue, l’école est finie. Aussitôt un cri déchire le ciel, une rumeur s’élève, la panique gagne.Je perçois quelque chose d’inhabituel, et je regarde, immobile, cet objet verLa scène hantée, l’image qui me colle à l’âme, c’est celle de cette sortie d’école, un après-midi de printemps. Les enfants se précipitent dans la rue, l’école est finie. Aussitôt un cri déchire le ciel, une t et quadrillé, ovale comme un citron, qui vient de rouler à mes pieds, et que je sens contre ma sandale blanche. Pas le temps de comprendre, je suis aussitôt soulevée de terre, emportée, secouée, ballottée. Je ne sais pas pourquoi, et soudain j’ai peur. C’est Ali, l’ouvrier de mon père (non, pas un esclave !) qui me porte en courant, qui crie, s’essouffle et appelle mon père en arabe ! On arrive à la maison. La «chose» verte à mes pieds était une grenade : mal dégoupillée, elle n’a pas explosé. «Mektoub !», c’était écrit, ce n’était pas mon heure. Je venais d’entrer dans notre tragédie.
Dès lors, nous ne pouvions plus rester. Le FLN nous tuait, nous égorgeait, nous écorchait vifs, nous mutilait, nous empalait selon des rituels monstrueux, d’une sauvagerie barbare et nous étions innocents. Salaud de Sartre qui, en France, appelait au meurtre des Européens, glorifiait et justifiait le massacre des innocents ! Salauds de porteurs de valises, qui ont collaboré avec les assassins ! Les «roumis» devaient disparaître, on nettoyait «ethnique» ! Le FLN, au passage, pardon de le rappeler, a massacré, selon les mêmes méthodes, des milliers de musulmans, de frères. Il fallait bien ça pour les convaincre ! L’union fait la force et c’est sans doute ainsi qu’Allah est grand !
L’Algérie, c’est à jamais mon pays étranger, mon pays de nulle part, mon mirage, mon Atlantide. Tout ce que nos pères, grand-pères, arrière-grands-pères avaient sué et construit serait englouti, puis jeté dans les poubelles de l’Histoire. Un ami y est retourné dans les années Quatre-vingts. Il m’a raconté les cabanons, les maisons en bord de mer, les piscines municipales, tous les lieux de plaisir et de distraction d’avant 62, laissés à l’abandon. Il m’a dit l’étrange frisson qui l’a saisi alors, le sentiment déroutant de se trouver face aux vestiges d’une civilisation disparue, effacée, déjà presque poussière.
L’Algérie, c’est ma mère : pas encore trente ans, la beauté sensuelle et la grâce de Sylvana Mangano. A notre arrivée en France, elle a posé sur mes épaules ces mots de la rupture, du renoncement et du sacrifice : «On nous a volé notre destin !». Elle prenait là toute la mesure de notre tragédie. Nous quittions un pays où nous étions nés, mais qui n’était plus le nôtre, pour rejoindre sur l’autre rive le giron de la mère-patrie que nous aimions tant, sans savoir qu’elle nous recevrait à contrecœur, avec des «cris de haine», comme des criminels, des fils indignes. Nous étions des amoureux éconduits, la France nous repoussait, regardait et regarderait toujours ailleurs, comme au-delà de nous. Français de là-bas, exilés en France avec les Harkis, nos frères de douleur, nous n’étions plus de nulle part. C’était bien la tragédie selon Anouilh «[…] il n’y avait plus d’espoir, le sale espoir….avec tout le ciel sur notre dos et on n’avait plus qu’à crier, pas à gémir, pas à se plaindre, à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore».Spoliés, déchirés, chassés, déracinés, insultés, rapatriés, déportés. Que demander de plus ? Coupables ! On commençait à l’entendre résonner très fort autour de nous «le sanglot de l’homme blanc» !

Emilie a dit…

(suite)
Elle le savait ma-mangano lorsqu’elle a posé ses talons aiguilles sur le sol auvergnat, altière dans sa jupe droite, esprit subtil que rien ne piège, abrité sous un casque de cheveux lourds que le henné enflammait. En deuil de son insouciante jeunesse, elle regardait, pensive, le ciel baudelairien du Massif Central peser comme un couvercle sur nos têtes, et plomber ses rêves. La France des profondeurs ! Il est encore là, dans un tiroir de ma mémoire, vivace, tenace, cet instant du désarroi : place de Jaude, Clermont-Ferrand, Puy de Dôme, au pied de la statue de Vercingétorix (tout un symbole !) qui affichait un air perplexe au passage de ces drôles de Gaulois ! Un jeune couple et ses deux enfants, ensemble désemparés. Rien ne nous ressemblait, ni ne parlait à nos âmes de nomades, tout paraissait hostile. Il faisait frais, l’éternelle grisaille bouchait l’horizon. Au moins une certitude : on découvrait ce jour-là que l’hiver auvergnat commence en juillet. Seule certitude. Instinctivement, machinalement, nous regardions au loin, nous cherchions la mer qu’on ne reverrait plus avant longtemps. Jamais, peut-être. Ici, rien que du noir, noire la cathédrale en pierre volcanique, noire la lumière, noires les rues et les façades. Et dans nos cœurs le chaos, la lave de la mélancolie, le sang des massacres, le vacarme et la fureur, les cendres de la terreur. Dans l’écorce de la mémoire, la gravure au poignard d’un aller sans retour. Nous étions «cette race née du soleil et de la mer, vivante et savoureuse, qui puise sa grandeur dans sa simplicité et debout sur les plages, adresse son sourire complice au sourire éclatant de ses ciels» ; par cette phrase sublime de Noces, Albert Camus résume toute l’âme pied-noire, l’essence même de la pied-négritude ! Pour les auvergnats, d’un abord si réservé, nous étions des extra-terrestres, des gens très décalés, surprenants, dont ils ignoraient absolument tout, et même que nous étions des Français ! Il paraît qu’on avait un accent bizarre, on ne le savait pas. Même notre vocabulaire posait problème et était un frein à la communication avec l’autochtone. Au début surtout, ensuite on s’est adapté et intégré. Ainsi, ce même jour d’apocalypse à Clermont, nous nous sommes attablés à la terrasse d’un café. Il convenait de fêter dignement l'événement ! On passe commande. Le serveur revient et pose devant nous, ébahis, déconcertés, incrédules… quatre cafés crèmes ! Nous voulions des glaces ! Mon père, ce héros au sourire si doux, mais «de caractère», moitié John Wayne, moitié Gassman, proteste et s’échauffe un peu. On s’explique. Une fois le quiproquo dissipé, et ce ne fut pas simple, il s’avère que l’erreur, c’était nous (encore !). En Algérie une glace, c’était une crème (glacée), l’épithète «glacée» étant toujours sous-entendue. En France, un crème est un café avec de la crème de lait, mais le mot «café» est toujours sous-entendu. On prenait nos marques. Cette cocasse déconvenue nous valut un fou-rire mémorable. Enfin ! Enfin, l’Auvergne nous faisait rire, comme un peu de soleil sur un volcan éteint !
Rire amer certes, mais salutaire ! Nous venions de rencontrer le réel. Nous étions des naufragés, notre frêle esquif avait accosté une contrée hostile et nous étions seuls. Nous devinions que les avanies ne faisaient que commencer et que la dérision serait notre force, notre rempart contre le chagrin, la forteresse où nous nous garderions du désenchantement, le contrepoint du mal de vivre….
Émilie

Hubert RIPOLL a dit…

Simone : Bien sûr, vos commentaires sont dans l'esprit de ce que je veux faire.

Emilie : Votre riz est vraiment amer, mais tellement vrai !

On a pris contact entre temps, à bientôt (septembre) pour les interviews

Hubert

Anonyme a dit…

Je r^ve de revenir quelques jours au pays. même pour 48 heures ou 24 heures, à Constantine. Si j'y allais 24 heures, je retournerai voir ma maison, celle de mes grands parents à la campagne. J'irai me promener dans les pins, là où je m'amusais enfant. Aussi la place de la Brêche où j'allais draguer. J'irai au cimetière où sont entérés mes ancètres (je ne sais pas pourquoi, mais je le sens comme ça).
mais j'ai tellement peur d'être déçu, de me sentir étranger. C'est contradictoire tout ça. Il me tarde de lire ce que vont dire les autres sur votre livre.
René (58 ans)

Anonyme a dit…

René,

J'ai 61 ans. Je suis allé passer une SUPERBE semaine à Constantine en avril 2008. Je te conseille d'y aller en faisant organiser ton voyage par une agence sur place. J'ai choisi Magellan Voyage qui m'a logé à l'Hôtel des Princes, fourni (sur ma demande) un chauffeur/guide et une voiture. Par contre il ne faut pas prendre Air Algérie comme compagnie de transport. Elle est nulle... Mon épouse (bretonne) et moi avons bénéficié d'un accueil exceptionnel. Personnellement j'ai tout retrouvé (quartier St Jean et centre ville presque inchangé sauf certaines maisons disparues). Le cimetière est entretenu par un gardien et son fils... J'ai retrouvé aussi les tombes qui m'intéressaient.
Claude-Paul "rennais de Constantine"

Anonyme a dit…

Bonjour Claude-Paul,

Ca me donne du courage et l'envie d'y aller. Merci
pour tes "tuyaux". Je vais contacter Magellan.
René,

Anonyme a dit…

DU MIEL, DES LARMES ET DU SANG
J’ai 10 ans et mon père est encore à la centrale à travailler, le vent d'Est souffle !! Alors, vers huit heures du soir, on s'en va à la pêche. Et puis, je prépare les crevettes pour la pêche, au lever de l’aurore, coupées en gros morceaux, et mises dans du sel pour qu'elles viennent dures, par rapport que sinon les sars y te tirent dessus et sciappa !!! Y s'est pas pris. Et puis demain dimanche, on va à la chasse au sanglier, à Sidi-Djemil, avec le sidecar. On passera par Duzerville et Mondovi, et à Mondovi, y’a un bar qui fait le coin, où on prenait un café, le jour n'était pas encore levé. J'allais un peu plus loin, sur le même trottoir, et je poussais une grande porte de bois vieillie, et une autre porte, et c'était la boulangerie, et un vieux monsieur me donnait un grand pain tout chaud. Ah ! comme il sentait bon !! Et vers onze heures, dans les montagnes de Sidi-Djemil, on le mangeait avec une boite de sardines. On avait une de ces putain de faim, et on s'allongeait dans l'herbe, dix minutes, pour se relever d'un coup sec, à rapport que les traqueurs venaient de voir des sangliers et criaient : « Ayouto ! Ayouto ! » Va saoir qu’est-ce ça veut dire. On se levait d'un coup et mon père disait : « Diocane ! Y’a pas moyen de s'la faire, la sieste ! » HEUREUX !!! On va préparer les cartouches, car mon père fait ses propres cartouches. Il coule même les chevrotines et silence quand il mesure la poudre. Les chasseurs se réunissaient dans le garage, moi j'allais acheter l'anisette chez le mozabite, et des fois certains disaient à mon père : « Tu emmènes pas le p'tit. Y’a des fellaghas dans ce coin là ! » D'ailleurs, plus d'une fois on leur tombait dessus, dont une fois, bien bien pendant trois heures, ils nous ont couru derrière et en avant : tirs de mitraillette et de grenades. Mais à l'époque, je courais comme un lapin. Bref, on est rentrés à la maison, et mon père qui me dit : « Dis rien à ta mère sinon elle me fait un scandale. » Mais j'étais tout déchiré et tout griffé de partout et ma mère à tout compris. Aie ! Le scandale qu'elle à fait à mon père : « Va te faire tuer toi, mais, laisse moi le p'tit ici ! » Et moi, je lui faisais une sérénade à mon père. Laisse que je pleure pour y aller. Et lui, il disait : « Allez, tais-toi ! Tais-toi ! Tu viens. » Je me rappelle comme on se levait à quatre heures du matin. Moi, j'étais trop excité et toutes les demi-heures, je lui disais : « Papa, c'est l'heure. » Et lui, y me disait : « Laisse moi dormir, c'est pas l'heure. » Des fois, pour être sûr qu'il m'emmène, je lui prenais sa cartouchière et je dormais avec : HEUREUX COMME UN PRINCE.
Gérard

Anonyme a dit…

Super votre idée. Je suis très ému par ce que je découvre à la lecture de vos blogeurs. J'ai trente et un ans, fils de pied-noir et pied-noire. je veux bien participer.
Tramous

Anonyme a dit…

je suis née en 1948 à philippeville.
Mes souvenirs sur la guerre :mon pére qui revient apres avoir ete reconnaitre les corps de sa famille assassinée à EL hallia,aucune larme,le visage fermé,les yeux dans le vague.J'apprendrai plus tard ,qu'il a vu certains menbres de sa famille coupée en morceaux!;des corps morts dans la rue quand tout a commencé!le 20
aout.
Des grands parents desorientés à leur arrivée en France.Un pere qui redevient tâcheron (artisan maçon )une mere mutée à Rouen ,et moi interne .en un mot la dislocation de la famille.
A mon arrivée en France,on m'a demandée si je comprenais le francais!
le retour au pays en 1984 ;1987 et la sensation de ne plus avoir de racines.Les lieux étaient là ,mais
ce n'était plus chez moi.
Mes enfants ne veulent pas dire que je suis pied noir!! car ils ont du se disputer pour faire admettre que j'étais francaise et pas algerienne!l'histoire de l'algerie n'est pas connue.nous sommes des algeriens !!!! et toutes les démarches que j'ai du faire pour ma nouvelle carte d'identité!(il a fallu que je presente les cartes d'identité de mes parents pour prouver que j'étais française!
j'espere que votre livre servira à faire comprendre que l'Algerie a été Francaise .
courage!et bravo!

Hubert RIPOLL a dit…

Le 20 Août 1955, je revenais de la plage quand les balles se sont mises à crépiter au-dessus de ma tête. Je me suis couché, puis je me suis réfugié au Sport Nautique. Plus tard, de mon balcon qui donnait sur le quartier arabe, j'ai vu le ballet ininterrompu des GMC qui venaient chercher leur cargaison d'arabes dont la plupart n'y étaient pour rien. Et tout a commencé là, j'en étais le témoin silencieux ; j'avais huit ans.
J'essaie d'imaginer votre douleur... imaginer seulement.
Mémoire de là-bas, c'est cela : du miel, des larmes et du sang, comme ce pays de miel, de larmes et de sang.
Je pense que la parole libère et que nous sommes restés trop longtemps muets, nous, le petit peuple, nous qui ne sommes ni historiens, ni politiques, ni savants d'aucune sorte. Muet pour ne pas raviver la peur, muet pour ne pas se retourner et aller de l'avant, comme nos ancêtres immigrés, muet parce que nous avions peur de ne pas être compris par nos propres enfants.
La parole libère. C'est pour cela que j'ai entrepris ce livre dans lequel il y aura les interviews mais aussi ces petits fragments de miel, de larmes et de sang que vous inscrivez sur ce blog.
Merci

Anonyme a dit…

Bonjour,
bravo pour votre initiative ! Oui il faut écrire notre histoire, oui il faut témoigner de ce que nous avons vécus "là-Bas", il faut que nos enfants et petits enfants connaissent nos origines, leurs origines... "pied-noires" puisque c'est ainsi qu'on nous a catalogués. Il faut qu'ils sachent ce que leurs aïeux ont faits pour ce beau pays, Il faut qu'ils sachent qu'ils ont sués sang et eau et qu'ils n'ont pas faits "suer le burnous" comme on a bien voulu le faire croire en France.
Moi-même j'écris mon histoire faute de pouvoir en parler à mes enfants. Je ne les sens pas réceptifs. Ils ont été influencés, en grande partie par les enseignants et l'opinion Française. Un jour ma fille ma dit "C'est vrai maman que les Arabes n'avaient pas le droit d'aller à l'école" Là, j'ai bondit. Je lui ai montré mes photos de classe ou il y avait au moins autant, sinon plus suivant les années, de petits Arabes que de petits Français.
Pour eux la page est tournée.

Pas pour moi !

J'écris donc mon histoire avec mes mots, je n'ai aucun talent pour le faire mais je laisse parler mon cœur. Je leur laisserai mon témoignage, Ils en feront ce qu'ils voudront mais ils ne pourront pas dire "Je ne savais pas !"
Un jour, ma petite fille (10 ans) découvre, étonnée, que j'étais née en Algérie. Et oui ma chérie! comme ta maman, comme ta grand mère, comme ton arrière grand mère, comme ton arrière, arrière grand mère. Raconte-moi mamie ! là je dois dire qu'elle m'a fait un immense plaisir. Elle attend avec impatience que je finisse d'écrire mon histoire. Mamie, je la garderai avec mes plus beaux souvenirs !
Tout n'est pas perdu ! Inch Allah !

Voilà ! Écrivez notre histoire, Monsieur Rippol, nous nous devons de le faire et si je peux y joindre ma petite participation, je le ferais avec plaisir.

Cordialement,
L. Krajcarz

Hubert RIPOLL a dit…

@L. Krajcarz
Vous avez raison. Bien peu d'entre nous sont capables d'en parler. Hier, j'ai interviewé Yvon et après près de deux heures de discussions, il a sorti un classeur - un parmi tant d'autres, m'a t-il dit - plein de documents, de lettres, de témoignages, de photos. Pour qui lui ais-je demandé ? Pour ceux de ma descendance qui le voudront bien, m'a t-il dit.
N'attendez pas que quelqu'un - moi parmi d'autres - écrive votre histoire. Ecrivez-là ou continuez à l'écrire. Parlez-en à vos enfants et petits enfants.
Si vous voulez m'aider, appelez-moi et témoignez. Vous pouvez aussi publier des morceaux choisis et les publier dans ce blog. J'en reprendrai certains extraits. Vous pouvez aussi m'envoyer certains de vos écrits qui se rapportent aux chapitres de mon livre. J'en reprendrai certains dans celui-ci, sans omettre de vous citer bien sûr.
Quant-à mon livre, ce sera surtout un livre sur la mémoire. Pour expliquer pourquoi nous-mêmes, peuple de la parole, nous avons tut celle-ci. Je suis sûr que le jour où l'on aura éclairci les raisons de notre silence, nous pourrons enfin parler à nos enfants, nos petits enfants et à ceux des "français de France", comme l'on disait là-bas.
Les interviews que vous m'accordez m'aident à y voir plus clair. J'avance lentement mais sûrement entre les interstices de vos mémoires trop souvent muettes et qui n'attendent que d'être libérées.
A +
Hubert

sérine21 a dit…

Anonyme a dit...

je suis née en 1948 à philippeville.
Mes souvenirs sur la guerre :mon pére qui revient apres avoir ete reconnaitre les corps de sa famille assassinée à EL hallia,aucune larme,le visage fermé,les yeux dans le vague.J'apprendrai plus tard ,qu'il a vu certains menbres de sa famille coupée en morceaux!;des corps morts dans la rue quand tout a commencé!le 20aout.

Je vous répondrai seulement ceci :

Les tenants et les aboutissants des choses sont forts inextricables....

Anonyme, je n'aurais point compris le sens de vos propos...Oui, l'Algérie a été française par spoliation.
ELLE EST LIBRE ET SOUVERAINE A PRESENT , ET JE NE VEUX PAS POLEMIQUER SUR CELA !!!
Quant aux "Pieds-Noirs" ceux-là même qui ont subi les affres de la guerre d'un côté comme de l'autre , sachez que suis de tout coeur avec vous!!!
Nos amis P-Noirs ont vécu les mêmes douleurs que nous car non reconnus par les 2 sociétés présentes à l'époque!
Pour nous Arabes, qui ne connaissaient rien à l'histoire, vous étiez des leurs, des spoliateurs misérables....
Pour les Français, vous étiez une vermine et le départ en 1962 vous donne une preuve de la véracité de mes propos!
Du port de Skikda et de ma maison , immeuble Fondecave , en pleines Arcades, bien jeune, j'assistais à des scènes monstrueuses que je garde bien enfouies dans ma grande tête et mon tout petit coeur!
Je suis de l'élite skikdie et plus d'un reconnaîtront mon franc-parler!
Je n'éprouve aucune rancune envers la France car c'est , à présent de l'histoire révolue; je tourne la page mais je n'oublie pas!
En passant, Monsieur Ripoll, je vous conseillerai de prendre attache avec une sommité de la ville de Skikda qui se trouve à Nice: une bonne pied-noire, objective, sûre et pleine d'humour.
Si vous voulez , je vous donnerai ses coordonnées.Elle est presque impotente mais une mémoire d'éléphant.Elle fut une infirmière de renom à l'époque et c'est un état-civil ambulant.
A vous tous mes amis,à Jackie Collatrella qui m'offrit ce site, à ceux qui me reconnaissent ici, je vous dis pleins de bisous d'Algérie.
NADIA

Hubert RIPOLL a dit…

Chère Nadia,
Vous avez raison, les douleurs ont été des deux côtés... et elles ont continué. D'accord pour prendre contact avec votre "sommité". Donnez-moi son adresse email ou N° de télen passant par mon adresse internet : hubert.ripoll@univmed.fr.
J'aimerais aussi vous interviewer. Contactez-moi si vous en êtes d'accord.
A +

Hubert

jean-michel a dit…

merci à toi qui parle notre histoire
qu'on commence à oublier avec les départs de nos aïeux .
je suis natif de relizane mais je me rappelle bien que d alger, hydra et hussein-dey.
j 'essaie de réunir des pieds noirs autour d'un chat vocal mais c'est trés dur

Anonyme a dit…

Lorsque l'on a quitte son pays natal (complètement démuni) que nous aimions plus que tout avec toutes les difficultés qui ont suivies et la séparation de tous les siens aux quatre coins du monde, l'accueil détestable que nous avons subi par des gens ignorants qui pensaient que tous les P.N étaient riches, les faux commentaires des politiques que nous avons dû supporter sans pouvoir répondre,je pense que l'on ressort endurci. Lorsque l'on voit les conflits sociaux actuels pour n'importe quoi, les raisons nous paraissent vraiment insignifiants par rapport à ce que l'on a subit etc etc.. etc..Le racisme, je ne l'ai jamais connu en Algérie puisque nous habitions un immeuble dont le propriétaire était musulman et nous étions mélangés . Quel bonheur, nous profitions des fêtes catholiques, juives et musulmanes, idem à l'armée (28 mois mélangés). Le racisme , je l'ai découvert en débarquant à Marseille par les grèves et les contenaires des PN détruits, ensuite dans la vie courante à notre égard et celui des arabes notament sur les chantiers du batiments où il venaient se confier à nous. Il nous ai même arrivé dans des bagarres de bals que les métropolitains nous insultaient et nous étions au coté des noirs, arabes et PN et cela a duré des années. Les " sales Pieds Noirs" c'était courant. Employé principale dans une banque nationale, j'ai dû rentrer subitement car la personne Algérienne que je formais m'avait prévenu que des menaces pesaient sur moi et avec l'accord et le certificat et la signature de mon directeur j'ai dû rentrer en octobre 1962. Ayant tout de suite contacté,l'agence bancaire correspondante de l'Est de la France,le directeur m'a aussitot embauché. Malheureusement, la Direction Générale a refusé cette intégration en exigeant mon retour en Algérie et attendre ma mutation où quitter sans aucunes indemnités la société et m'empêchant même de rejoindre une banque concurente. J'ai rejoint ma famille ou nous avons vécus sans argent à 10 dans une chambre d'hotel. Heureusement que j'ai rencontré des personnes formidables qui m'ont fait confiance , m'ont embauché et permis de retrouver dignité etsituation professionnelle jusqu'à la direction commerciale. etc.

Hubert RIPOLL a dit…

Vous évoquez dans ce dernier commentaire : "les contenaires des PN détruits." Je recherche des informations sur ces faits. Pouvez-vous m'en dire plus ? Cela-vous est-il arrivé ou en avez-vous entendu parler ?
J'attends des explications que je souhaite reprendre dans "Mémoire de là-bas". Merci,
Hubert

Anonyme a dit…

Bonjour, tout d'abord merci d'avoir pris en compte si rapidement mon message.en ce qui concerne les containers vandalisés au port de marseille (plus grève des dockers qui refusaient de décharger) cela est
arrivé a plusieurs de mes amis - malheureusement perdus de vue et certainement disparus à ce jour. par contre dans la presse de l'époque les faits furent relatés a plusieurs reprises....il était même mentionné qu'une certaine personnalité de l'époque "voulait ouvrir les vannes des bateaux transportant les rapatriés".
je vais tenter de retrouver des documents dans mes archives et ne manquerai pas alors de vous les faire parvenir.amicalement.

Anonyme a dit…

Andrée -
Je suis une pied-noir qui n'a pas connu l'Algérie qui n'en a aucun souvenir car je suis née en 1958. J'ai quittée La Calle où mes parents se sont installés aprés avoir vécu à Phillipville où est née ma grande soeur à trois ans.
Tous mes "souvenirs" se sont les dizaines et dizaines de photos de famille où sourient des gens heureux. Mes parents, grands-parents, oncles et tantes, leurs amis....tous ceux-là que le retour en France nous ont fait perdre.
Se sont aussi tous les souvenirs de mes parents qui me racontent depuis toujours leur vie de Là-Bas dans leur pays.
Moi, j'en suis partie à trois ans. Je n'ai jamais considéré l'Algérie comme mon "pays" mais je sais qu'elle fait partie de mes racines comme l'Italie où mon père est né (il est arrivé en Algérie à l'âge de six mois - ma mère y est née). J'ai ce goût des odeurs et des saveurs de Là-Bas : kamoun, datte, pastèque, couscous, poivron et aubergine, gâteaux au miel.... toute cette cuisine du soleil que m'a transmise ma maman et que j'ai offerte à mes enfants. J'ai aussi ce besoin de châleur, de soleil et de mer. J'ai la peau mate et les cheveux bruns et je me considère comme une fille du Sud à part entière. Je précise toujours quand on me demande d'où je viens : " de l'extrême Sud".
Pourtant depuis que je suis en âge de me faire mes propres opinions nous évitons de discuter du coté politique de tout ça avec mes parents car je ne partage du tout ce sentiment que l'Algérie était française. Pour moi, il est normal qu'elle est était rendue à son peuple original. La France se l'était appropriée comme ses autres colonies du seul droit du ...plus fort.
Mais, je sais et je comprends que pour eux se soit différent. L'Algérie c'était leur vie. Une vie bien plus simple qu'on ne l'imaginait en France. En revenant ici ils ont perdus leurs meubles, leur voiture, leur travail mais surtout leurs amis et leurs familles. Ils ont perdus tout leur univers et on ne leur à rien donné en échange.
Le seul vrai "souvenir" que j'ai de l'Algérie c'est celui de mon père assis sur une chaise devant la fenêtre de notre appartement angevin. Il regarde loin devant lui en essayant de profiter d'un pâle soleil au travers de la vitre et sur ses joues roulent des larmes qu'il essaie de cacher à la petite fille de six ans que je suis. Sur l'électrophone tourne inlassablement les disques d'Enrico Mathias qui chantent commme " il est beau mon pays et ses filles......"
Alors oui même si je n'ai pas vraiment vécue Là-Bas, je suis une Pied-Noire par la mémoire de mes parents que je transmet à mon tour.

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert @ Andrée
Merci pour ce témoignage. Je comprends parfaitement votre analyse. Il est important pour mon livre. Vous avez parfaitement le droit d'avoir votre point de vue sur l'Algérie, telle qu'elle à été idéalisée par vos parents, il n'empêche que bien que vous ne partagiez pas leurs sentiments, ils vous ont transmis une part essentielle d'eux-mêmes : leurs émotions. Et ces émotions, votre texte le dit très clairement, vous les partagez. C'est précisément ce dont je veux témoigner. Voyez-vous, je ne suis pas un militant, partisan d'une thèse fondée à-priori. Je souhaite simplement être un témoin qui rend compte, en 2012 (c'est l'année à laquelle je souhaite publier "Mémoire de là-bas") ce qu'est devenue la mémoire des pieds-noirs. Le seul moyen de "faire passer" quelque chose, dans la communauté pied-noire, mais au-delà, je l'espère, est d'adopter une position non partisane. Témoigner, juste témoigner, mais témoigner avec rigueur.
Amicalement,
Hubert Ripoll

Anonyme a dit…

Je trouve votre projet passionnant et j'ai hâte de lire votre livre.
Quand compptez-vous le terminer et chez quel éditeur sera t'il publié ?
Merci
André F

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à André F
Merci pour vos encouragements.
Je prévois de terminer ce livre au 4ème trimestre 2011 pour une présentation aux éditeurs et une parution en mars 2012. Soit pour le cinquantenaire des accords d'Evian, de l'exode des pieds-noirs et de l'indépendance de l'Algérie.
Cela peut paraître long. Effectivement, quatre ans au total, ce sera de très loin le maximum de temps que j'aurais consacré à un livre. Pourtant, vu l'ampleur du travail, cela me semble juste assez... mais jouable.
Je vous tiendrai au courant de l'avancée de mon travail sur ce blog dans la rubrique : comment avance mon travail.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

5. S'intégrer
Mes ascendants paternel viennent de Loraine, exilés volontaires en Algérie pour rester Français en 1870. Du côté de ma mère, ce sont des Italiens exilés volontaires de Naples en 1932.
Mon grand-père et mon oncle ont fait Verdun. L'un est revenu, l'autre est enterré du côté de Douaumont. J'ai toujours vu sa photo chez ma grand-mère. Pauvre Etienne disait-elle d'une voix qui signifiait qu'il ne fallait pas en parler.
Mon père et mon oncle étaient inséparables : deux frères jumaux. Ils ont fait la campagne d'Italie côte à côte, jusque sur les pentes du Monte Cassino. Mon père a continué seul, débarquement en Corse, en Provence, remontée vers l'Allemagne, campagne d'Allemagne. Il en est revenu sourd, ou presque. Lorsque De Gaulle nous a dit qu'il nous avait compris on a fabriqué des drapeaux et on a cousu une croix de Lorraine. Je ne sais pas ce que mon père devait penser ; peut-être que tous ces morts avaient servi à quelque chose.
Dix-sept ans après la campagne de France, c'est comme ça qu'il l'appelait, nous sommes arrivés par le bateau. Nous avons cerché ensemble le cadre qui ramenait nos maigres affaires sur le port de Marseille. Nous l'avons trouvé éventré avec inscrit dessus : retournez chez vous.
C'était où chez nous ? Dans une fosse commune près de Douaumont ou de Monte Cassino ?
S'intégrer vous dites.
J'arrête, c'est trop dur et j'aurais trop à dire.
Lucien

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Lucien,
Vous touchez là à quelque chose d'essentiel pour comprendre la psychologie pied-noire, que ma fait comprendre ceux de la première génération qui ont fait la seconde guerre mondiale. C'est ce sentiment d'avoir été rejetés par la patrie qu'ils ont eu conscience de sauver. Ceci offre une deuxième clé pour une seconde porte qui est la relation à la mère (patrie).
Les pieds-noirs ont eu une relation filiale à la France et ils n'ont non seulement pas compris mais surtout beaucoup souffert que la mère (patrie) n'ait pas reconnus ses enfants et leur en a préféré d'autres. Ceci a été transmis par les trois générations et je reprendrai juste les propos de Jame, seulement 28 ans qui dit : " la France, mère patrie ? Oui et non. Sûrement pour une partie de mon origine, mais pour moi la mère c'est quelqu'un qui donne, qui aime, qui protège. Tout le contraire de ce qui s'est passé. C'est une bonne amie, à la limite. Je ne vais pas cracher sur la France mais je veux me sentir libre de cette attache là. Et pour ma famille, ce n'est pas la mère patrie, non, je ne crois pas du tout".
Cette relation à la mère (patrie) explique notre attachement au drapeau, notre côté nationaliste (mais qui ne l'est pas lorsque la nation est en péril ou qu'elle vous met en péril en vous abandonnant), et cet extrême déchirure lors de l'abandon puis la non reconnaissance des enfants débarqués sur le sol français, celui qu'ils avaient libéré moins de 20 ans plus tôt.
J'aurais longuement le temps de développer cela dans "Mémoire de là-bas".
Hubert

Anonyme a dit…

10.La mémoire en héritage
Je crains qu'il reste peu de choses de cette mémoire, au moins dans ma famille. Chez nous, mon père a été muet comme une tombe et ma mère ne se risquait pas trop à en parler. Les histoires de là-bas on en savait quelque chose quand ils étaient entre vieux de là-bas. Et encore. C'était a demi mots et surtout pas de politique sauf pour régler son compte à la grande Zorah. La seule chose qui est passée c'est la cuisine, c'est la seule chose qu'on ai rapportée. C'est maigre. C'est pour cela que j'aimerais que l'on me parle de là-bas. Pas de cette putain de guerre, ni des politiques qui ne sont que des enculés qui nous l'ont bien mis. De comment on vivait, comment on riait et comment on pleurait, de la couleur du ciel et du goût de l'eau salée, des couffins du dimanche et des anisette pour accompagner la kémia.
Laurent 45 ans

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Laurent
Détrompez-vous. Il reste beaucoup plus de choses que vous le pensez et que l'on pense généralement. Je viens de revoir l'excellent film de Gilles Perez : "Les pieds-noirs : Histoires d'une blessure" et les personnes interrogées ont le même doute que vous : Que restera-t-il ? J'aurais dû plus en parler. J'ai peur que mes enfants aient une perception déformée de ce qu'étaient les pieds-noirs...
Me voilà arrivé au bout de ces interviews et je peux vous dire qu'il n'en est rien. Cependant, il n'est pas passé que des souvenirs, mais tout autant les blessures et celles-ci sont intactes. J'ai été bouleversé par ce que j'ai entendu, plus encore au cours du traitement des interviews. Ce qui est le plus difficile, c'est que souvent les enfants de la troisième génération ne se rendent pas compte à quel point ils portent l'héritage douloureux de leurs parents. Souvent, les interviews démarrent paisiblement, puis se tendent et se crispent. Souvent, leurs auteurs sont surpris des propos qu'il m'ont tenu.
Hubert

Anonyme a dit…

Nostalgérie
J'ai 24 ans et je vis à Dijon. Loin de là-bas, comme vous dites. Je suis un enfant de pieds-noirs rentrés en 1962. On a échoué à Dijon. Je n'ai pas connu mes grands-parents. Mes parents ne s'intéressent (ou font semblant de) pas spécialement aux histoires de pieds-noirs. Ils sont nés en Algérie en 1958 et 1960 et n'ont donc même pas connu ce pays. Ils n'aiment pas en parler. Finalement, je n'essaie même plus de leur en parler. Et pourtant, ce "là-bas" me travaille souvent. Je vais souvent sur les blogs ou les sites web. Je consulte régulièrement le votre. Ces reflexions de pieds-noirs m'émeuvent. Je me sens pied-noir sans savoir ce que c'est que de se sentir pied-noir. Je me demande pourquoi. Pourtant, j'ai un manque et je ne peux pas en parler. C'est dur quelquefois. Je me demande si je suis un "cas". Qu'est ce que vous en pensez ? Merci.
Jean-Arthur

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Jean-Arthur
Non, vous n'êtes pas un "cas". J'ai maintenant bouclé les interviews de votre génération et votre réaction est bien normale. Le silence de vos parents ne fait que refléter le silence probable de vos grands-parents. Il traduit une souffrance réelle et une incapacité à faire le deuil. La mort de l'Algérie connue les hante toujours. Et ce silence vous atteint directement. Votre attachement à l'Algérie résulte probablement de plusieurs causes :
Le souvenir de moments heureux que vous avez dû percevoir à l'occasion de regroupements familiaux, notamment au moment des repas. Et l'Algérie symbolise ces moments heureux que vous n'avez peut être peu ressenti chez vos parents, du fait de leur blessure.
Le sentiment d'une obligation de fidélité, ou encore de loyauté - il s'agit même pour certains d'un sentiment de culpabilité - à la mémoire de ceux que vous aimez pour leur montrer que vous reprenez leurs souffrances à votre compte : "Vous voyez, je ne vous oublie pas, je souffre comme vous avez souffert"
Enfin, aller en Algérie, c'est refaire le chemin, c'est tenter d'annuler ce départ qui les à tant fait souffrir. Si je peux me permettre, expliquez vous à vos parents. Dites-leur que leur silence est dur à porter. Demandez-leur de vous parler de l'Algérie heureuse et malheureuse.
Je ne vous dit pas cela à la légère mais en m'appuyant sur plus de trente heures d'entretien avec des PN de votre génération. J'accorderai à cet héritage, souvent douloureux, de mémoire une très large place dans mon livre.
Non, vous n'êtes pas un cas.
Hubert

Claude Danis a dit…

Voici un texte publié sur mon blog:
super.daddy.free.fr/Algerie_odeurs_du_temps_perdu.htm
Vous pourrez le reprendre avec les références habituelles.
Merci.

Ode aux odeurs du pays perdu… (extraits)

Odeur des sardines grillées, près de la Pêcherie, à Alger.


Des marchands arabes improvisaient un barbecue dans un demi-bidon de fer. Ils versaient sur la grille des poignées de sardines sorties toutes fraîches des lamparos, ces barques équipées d’un projecteur à l’avant qui attirait les poissons, comme le soleil attire les plantes.

Toutes grillées, on les arrosait de citron et les dévorait entières, têtes, arêtes et queues… Quel délice !

A côté, se tenaient les étals des poissonniers. Les poissons, et surtout les coquillages, parfumaient l’atmosphère d’une puissante odeur marine. On pouvait déguster, sur le pouce, un gros oursin, en en détachant, un à un les rayons aux couleurs violentes, avec un morceau de pain.

... ...

Parfums des surprise-parties du samedi après-midi.

Les premières filles avec qui j’ai dansé, étaient les amies de ma sœur.

Mes copains et elles, nous réunissions chez les uns ou les autres, pour des danses bien innocentes. Nous avions acheté un livre qui expliquait les pas du tango que, ma sœur et moi, nous exercions avec beaucoup d’application. C’était l’époque où Brigitte Bardot avait lancé la mode des robes vichy gonflées d’amples jupons, que les demoiselles faisaient virevolter en dansant, avec une virginale audace…

L'odeur des filles… Un délicieux mélange de parfums naturels, vanille, citron, lavande, et de transpiration, après les tcha-tcha-tcha, qui faisait perler de menues gouttelettes sur leurs narines.

Odeur du sang dans les rues.

Je n'étais pas loin du Milk-Bar quand la bombe a explosé.

Un grand bruit sourd, puis comme une nuée ardente qui en sortait.

Des gens passent en hurlant. On comprend qu'ils hurlent, mais, assourdi ou abruti par l'explosion, on n'entend plus rien.

Puis la fumée vous étouffe : Odeur de la poudre, odeur de brûlé... Et, en s'approchant, l'odeur fade du sang.

J'avais rendez-vous avec elle. J'étais toujours en retard. Elle se moquait de moi à cause de ça. J'entends encore son rire.

Odeurs du bateau, lors de l’exode.

La méditerranée ne nous a pas épargnés, lors de cette ultime traversée. Entassés dans l’entrepont, nous baignions dans l’odeur de la fumée du navire, mêlée aux remugles de déchets alimentaires, et des rejets gastriques des voyageurs indisposés. Une vieille dame, à côté de nous, gémissait sur son transat, à chaque embardée du bateau ‘Aïe, mama ! Aïe, mama !’… Cette musique nous a accompagné jusqu’à Marseille.

D’autres odeurs, d’autres bruits, une autre lumière nous y attendaient…
D’autres ? Les mêmes, bien sûr !
Mais ce n’étaient pas les nôtres, même si elles finiraient par le devenir, avec le temps.

Anonyme a dit…

Marie-France née à Philippeville en 1945.Mon père Marcel Guglielmi était très ami avec votre papa Robert et votre maman Gisèle.Il a aujourd'hui 88 ans maman elle est décédée il y a 3 ans.Nous pensons et n'oublierons jamais notre Algérie et tous nos souvenirs,notre jeunesse aussi.Je trouve merveilleux d'écrire les mémoires de là-bas.Encore une grand merçi Hubert.

Hubert RIPOLL a dit…

Chère Marie-France,
Oui, je me rappelle, rue Vallée, ton père bien jeune, sourire aux lèvres. Merci pour tes encouragements. La tâche est complexe et la charge est lourde mais il faut le faire. Tous ces encouragements et cette attente qu'il ne faut pas décevoir. Les news sont dans la rubrique "Comment avance mon travail". Alors, à tout de suite. Amicalement,
Hubert

Pierre a dit…

EL BIAR

Les grenades gorgées de soleil,
Deux enfants jouant insouciants,
Le raisin court dessous la treille,
Les cigales en concert, aux champs.
La maison blanche est assoupie,
A l'ombre de ses volets clos,
Douce torpeur d'après-midi,
Des enfants nus sous le jet d'eau.
L'heure de la plage, paniers d'osier,
Cocas aux poivrons, rosé frais.
Entassés dans la quatre-chevaux,
L'aventure est au Fort-de-l'Eau.
Les maillots tricotés maison,
De bain ne portent que le nom.
"Attends trois heures pour te tremper",
La digestion c'est du sacré.

El Biar,
Tu es la graine, tu es le phare,
Dans la brume de mer,
Des souvenirs amers,
Frêle tableau,
De ce lointain passé,
Tu n'es plus que deux mots,
De mon identité.

On rejoint l'école en tramway,
Terminus à la Rue Michelet,
Un voile blanc, léger, me frôle,
Deux grands yeux noirs cernés de kohl.
École Volta, c'est que des gars,
Les indigènes, on ne connaît pas.
Clovis est mort à Waterloo,
Jeux de noyaux, ballon, délo
Au marché de la rue de la Lyre,
Gandouras, sarouels et chéchias,
Ca parle espagnol et sabir,
Un univers de diaspora.
Pastèques, aubergines et melons,
Sous le soleil font le dos rond,
Entêtants parfums des épices,
Safran, ras el hanout, anis.

El Biar…

Sidi Ferruche, Bouzareah,
Belcourt, Fontaine-Fraîche, la Casbah,
Des noms si souvent entendus,
Au goût de paradis perdu.
Pour l'enfant jeune que j'étais,
Ces lieux parfois, étaient abstraits.
Quel est ce curieux sentiment
De les connaître intimement ?
Le ciel d'azur s'est assombri,
Les frères d'hier sont ennemis,
Les nuages ont couleur de sang,
Et l'Algérie pleure ses amants.
La maison blanche au point du jour,
Malgré le temps, j'entends toujours,
Le claquement de la grenade,
Semant la mort sur la façade.

El Biar…

Adieu la maison du grand-père,
Son jardin d'Eden, éphémère.
Les volets ne grinceront plus,
Et les cris d'enfants se sont tus.
C'est la valise ou le cercueil,
Il leur faudra porter le deuil
De cette terre qu'ils vénéraient.
Le Ville d'Alger quitte le quai.
Petite graine qui dormait,
Au plus profond de ma mémoire,
Quelques larmes t'ont fait germer
Dans le doux champ de notre histoire.
Je n'avais pourtant que neuf ans,
Et depuis la vie a coulé.
Le souvenir des deux enfants,
Ne sera jamais effacé.

Pierre-Marie Prat

Vous pouvez écouter la chanson El Biar ici :
http://wizzz.telerama.fr/scala

Anonyme a dit…

J'ai découvert votre blog et j'ai hâte de lire votre livre. Parler de notre mémoire est très important pour notre communauté. Moi, je n’ai jamais pu en parler aux enfants. C’était trop dur ? Est-ce qu’ils auraient compris ce que nous avons souffert ? Je le regrette aujourd’hui, parce qu’il est trop tard, parce que les enfants ont quitté la maison. Et même aujourd’hui, je ne le pourrais pas, sinon, je pense que je me mettrais à pleurer devant eux. Les mauvais rêves dont je sors en pleurs de ne plus avoir dix ans en Algérie, c’est pour moi, pas pour eux. Même votre livre, je souhaiterais qu’il le découvre par eux-mêmes, parce que moi, il m’est trop difficile d’en parler. Si ça vient d’eux peut-être. Mais est-ce que cela les intéresse encore ?
Vous, il faut aller au bout. Merci.
Vincent (74 ans, né à Guelma)

Anonyme a dit…

J'ai hâte de lire votre livre. l'idée est très intéressante (d'interviewer 3 générations, et surtout celle née en France : la mienne).
Est-ce que le livre ressemblera à celui de Dominique Fargues "Mémoire de Pieds-Noirs" que vous connaissez certainement, sinon je vous en conseille la lecture ?
Quand sortira t'il

Jacques-André, né en 1969 à Perpignan, fils de Alfred Bringoux de Souk Ahras

Hubert RIPOLL a dit…

Je réponds à Jacques-André :
Mémoire de Là-bas paraîtra au 1er trimestre 2012.
L'innovation majeure de ce livre est d'une part d'interroger les enfants de pieds-noirs nés en France. D'autre part de croiser les mémoires de trois générations de pieds-noirs.
Mémoire de là-bas n’est pas un livre d’interviews, au sens strict, comme l’est par exemple Paroles de Pieds-Noirs de Dominique Fargues, que vous mentionnez.
Chaque chapitre est ainsi largement argumenté et discuté d'un point de vue psychologique.
Vous trouverez un exemple en téléchargeant (page d'accueil du BLOG) : ENFANTS DU MELTING POT dans la rubrique EXTRAITS D’INTERVIEWS ET BONNES FEUILLES DE "MÉMOIRE DE LÀ-BAS". Vous trouverez également (page d'accueil du BLOG) le sommaire et la méthode employée dans la rubrique COMMENT AVANCE MON TRAVAIL, également dans ce blog.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

Notre histoire restera à jamais partagée entre les livres d'histoires scolaires et notre histoire vécue à nous. Celle que nous nous devons de laisser à nos enfants et petits enfants. Voilà 48 ans que vous avons foulé le sol de ce que nous croyons être notre Mère Patrie, celle pour qui nos pères, nos oncles se sont battus, et dont certains ne sont pas revenus!! On attendait mieux, on a nous a donné le pire. J'avais 13 ans en 1962 quand j'ai débarqué sur le port de Marseille avec ma famille. Dans ma mémoire me restait l'image de ce port et de cette ville d'Alger, si belle et si blanche, qui s'éloignait de mon regard noyé de larmes. J'avais compris que plus jamais je ne reverrais ce pays que j'aimais tant et sur lequel je laissais tous mes souvenirs, toutes mes jeunes années et surtout mon adolescence qui commençait. Notre exode a privé ma génération de son adolescence, disparus mes copains, mes amies de classe, mes voisins, les points de repères de mon enfance, les forêts, les plages où nous faisions la fête tous réunis, ces dimanches au bord de l'eau à déguster paellas et grillades. Comment expliquer à tous ceux qui nous traitaient de colons, que notre vie là-bas n'était pas que de sang si ce n'est celui de mes ancêtres qui ont construit ce que ce pays de désert et de pierres était devenu. Oui ce pays nous l'aimions, oui nous l'avons défendu par amour et conviction et non par racisme ni colonnialisme. Nous avons souffert pour se loger, pour trouver du travail, pour nous faire accepter dans les écoles. En Algérie nos larmes étaient mélées de miel et de souffrance de voir notre pays se perdre à jamais pour nous. Mais ici sur le sol français nos larmes furent amères, notre parcours difficile et aujourd'hui encore nous ne sommes pas reconnus. Alors oui il faut écrire notre histoire, oui il faut laisser des traces de nous tous, parce que notre histoire à nous Pieds noirs doit s'écrire par nous tous, afin que nos descendants sachent la vérité. On a voulu nous faire taire, on a voulu nous abattre, on a voulu nous faire porter le poids de cette tragédie, mais 48 ans après nous somms toujours là. Nos souvenirs et notre mémoire sont intacts et ils n'ont pas réussi à nous éliminer nous les français d'Algérie. Nous sommes toujours fiers d'être Pieds Noirs et le revendiquons haut et fort. Pour tout ce que ce Pays fut pour nous, laissons des traces de notre passage sur cette terre Patrie. Tous nos témoignages porteront bien un jour certaines questions qui ne seront trouvées que dans l'héritage de nos récits. Et moi pour mes petites filles, j'écris l'histoire de ma famille, mon vécu ma vie labàs,tout ce qui fait mon âme et ma conscience et que malgré tout ce que l'on pourra leur dire leurs origines sont aussi de ce pays qu'on appelait jusqu'en juin 1962 l'ALGERIE FRANCAISE.

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

Votre initiative est excellente. J'ai hâte de lire votre livre prévu pour quand ?

Anonyme a dit…

Bravo et encouragements sincères pour la sortie du livre...Yves (un jeune pied noir)!!

Anonyme a dit…

Voilà une bonne nouvelle. Votre mémoire de là-bas va sortir. Votre blog m'a mit l'eau à la bouche. Où on va le trouver pour l'acheter.
Merci,
Alfred de Blida

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Alfred de Blida

Mémoire de là-bas va sortir, le 5 avril, dans toutes les librairies et par internet. Il faut trois conditions pour qu'un livre soit lu : Qu'il soit écrit, publié et diffusé. Les deux premières conditions étant réunies, il tient aux visiteurs de ce blog de favoriser la 3ème.
Je vous prie donc de faire part de sa sortie et de communiquer l'adresse de ce blog http://memoiredelabas.blogspot.com/
Merci

Anonyme a dit…

J'aimerai savoir pourquoi vous avez fait ce livre et ce que vous en attendez ?
José de Souk Ahras

Anonyme a dit…

Bravo . J'ai
hate de vous lire . J'aurai cependant souhaité trouver plus de commentaires d'Algeriens comme moi et residant encore en Algerie ayant vecu la meme periode. J'habite toujours a El Biar et derait desireuse de retrouver mes amis . Salutations .

Hubert RIPOLL a dit…

@ José de Souk Ahras
Vous me demandez ce que j'attends de ce livre ? Je cite ici la fin de mon introduction : Je n’ai pas cherché à construire une mémoire des pieds-noirs. Encore moins à écrire ou à réécrire des pages d’histoires de la présence française en Algérie. J’ai juste voulu décrire les ressorts psychologiques de celles et de ceux dont la mémoire a été bâillonnée à force de ne pouvoir être dite et les conséquences sur la transmission aux jeunes généra- tions. Je laisse aux débatteurs de la guerre des mémoires le soin de revisiter l’histoire et aux historiens celui de donner un cadre formel à cette mémoire.
Je crois en la vertu de la connaissance, seule capable de dépassionner et de permettre de parvenir à une rationalité qui a presque toujours fait défaut de quelque point de vue que l’on examine cette histoire. Je crois que la parole per- met la réconciliation des êtres, la guérison des blessures, l’apaisement des douleurs.
Je pense aux pieds-noirs qui trouveront dans ce livre les clés de leurs comportements, nécessaires à la construction de leur mémoire. Aux métropolitains qui comprendront les véritables douleurs qui ont accompagné l’exil du pays perdu et l’exode dans cette métropole qui ne les attendait pas. Pour qu’enfin naisse, peut-être, un véritable dialogue.
Mémoire de là-bas est avant tout le livre de ceux qui m’ont demandé de dire leur parole. Elle nous parle d’un nouveau monde qui n’est plus. D’un pays de rires et de larmes, de miel et de sang.
Bonne lecture

Hubert RIPOLL a dit…

@ anonyme :
Vous écrivez : "J'aurai cependant souhaité trouver plus de commentaires d'Algériens comme moi et résidant encore en Algerie ayant vecu la même période.
C'est là un autre livre à faire... que j'aimerais beaucoup lire.

Anonyme a dit…

De Nicole à Lucien ,
Je viens juste de découvrir ce blog et " commentaires " et en lisant le vôtre j ai l impression de lire mes origines familiales , tant côté paternel même année même raison) que du côté maternel, Naples mais 1923 ...
Je pense que nos pères se sont peut être rencontré lors de la campagne d Italie, monte cassino... La différence vient que nous , nous sommes rentrés été 1963 en avion et à Paris après ce fut la même histoire, les mêmes silences, les mêmes rejets que toutes les rapatriés "

DANY a dit…

Bonjour,

Je viens de terminer votre livre dont j'ai appris l'existence par deux jeunes étudiants de "Sciences po" qui m'ont interviewée au sujet de l'Algérie, la semaine dernière.

Sur votre blog je trouve cette adresse en espérant qu'elle soit valide.

Bien que votre livre soit terminé et édité, j'avais envie de partager mon expérience, si vous le souhaitez.

Natacha Cyrulnik, documentariste de création a tourné et produit un film sur les "Traces algériennes" m'interrogeant sur mon parcours, (née en 1952 à Alger et vivant à Marseille) et une autre femme de parents français et algériens née en France et partie un temps travailler à Alger.

Au fil des interviews il est devenu évident pour Natacha d'aller à Alger. Me demandant si j'acceptais qu'une de mes filles alors âgée de 20 ans nous accompagne (elle avait dit lors d'une interview que je n'avais pas encore entendu et vue, avoir du sang d'Algérie qui coulait dans ses veines. Nous sommes donc parties sur place en septembre 2010.

Un deuxième film "une partie de moi... d'autrefois" a été tourné "la-bas" ou j'ai retrouvé un une journée et demie la piscine où j'ai fait des compétitions, école et appartement dans lequel je vivais.

Je tiens ce film à votre disposition si toutefois cela vous intéresse.

Bien cordialement

Dany g642

DANY a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Hubert RIPOLL a dit…

@ Dany g642
Merci pour votre intérêt pour Mémoire de là-bas.
Bien entendu, je souhaiterais voir ce film et discuter avec vous. Mais il vous faut me joindre par mail : hubert.ripoll@univ-amu.fr pour nous organiser.
Amicalement,
Hubert

ahmed azeddine a dit…

Le premier sous prfet de Tiaret portait le nom de Rippol.C'est votre parent?

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Ahmed,
Non, je ne suis pas parent avec ce Ripoll.
Comment avez-vous eu connaissance de Mémoire de là-bas puisqu'il me semble que vous vivez en Algérie ? Par mon blog ? Qu'en pensez-vous ? Dites-moi en plus.
Amicalement,
Hubert

ahmed azeddine a dit…

Il est 5 heure du matin et je repond avec plaisir.C'est par votre blog et les commentaires de vos lecteurs que j'ai connu votre blog.Donc,etant ancien Hussards et ancien gendarme,j'ai choisi de rester dans mon pays ce qui est logique aprés 132 ans vous avec pensé que vous étes Francais et moi reciproquement Algerien.J'aurais souhaité un accouchement sans douleurs mais il en a été auytrement.Certains sont chez maman et d'autres chez papa mais il n'en demeure pas moins que nous sommes fréres et souers.Salut a tous les Trezeliens qui sont vos lecteurs et je souhaite que mon ami d'enfance que je cherche en vain soit parmi eux .Il s'agit d'ALONZO FERNAND de Trezel(Tiaret)Que celui qui le connait et s'il est encore de monde lui passe le bonjour.AZEDDINE Ahmed

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Ahmed,
Votre message me rappelle un émouvant moment, en octobre 2012, à Stora, lieu de mon enfance. Lieu interdit aussi car nous ne pouvions aller au delà du Phare. Miramar, le Ravin des lions, le Ravin des singes, la Grande Plage, autant d’interdits. J’ai expliqué à la fin de mémoire de Là-bas : « Lorsque nous sommes rentrés d’Algérie, j’ai souvent rêvé que je nageais pour dépasser une falaise qui surplombait la mer. Cette falaise se trouve à quelques kilomètres de Toulon, là où mes parents ont échoué. Elle porte le nom de « Terre promise »… J’ai souvent dit, sans en comprendre le véritable sens, que mes racines étaient là. Dans ces rêves, je croyais que derrière cette falaise j’arriverais en Algérie, mais après une nage qui me paraissait durer une éternité, je me réveillais en sanglots de ne pas l’avoir atteinte. Trente ans plus tard, revenant vivre dans le Sud, j’ai visité une maison qui était à vendre. Lorsque j’ai découvert, en ouvrant les volets, une autre falaise qui surplombait la mer, j’ai immédiatement su que je vivrai là. J’aime au delà de la raison ce cap qui surplombe la Méditerranée. Je m’y rends souvent, à la tombée du jour, pour me laisser envahir par la nuit, à la recherche d’un émerveillement des sens ; une sorte d’absolu. Je n’y vais que seul ou, exceptionnellement, accompagné de l’un de mes enfants. Un jour alors que je regardais, silencieux, le soleil plonger de l’autre côté de la Méditerranée, mon fils rompit mon silence : « On est ici chez nous » me dit-il. De quel « chez nous » parlait-il ? Et de quel « chez moi » l’entendais-je ? Je ne l’ai compris que par le pur des hasards, lorsque, il y a cinq ans, un ami algérien m’envoya une photo qui réveilla le souvenir d’une autre falaise. Celle de mon enfance où j’ai appris à nager, tout près de là où mes ancêtres ischaioles avaient débarqué. Ainsi, je revenais à Stora, accompagné de mon frère et d’Edmond, l’ami de mon enfance philippevilloise. Et voici ce qui m’est arrivé en quatre jours :
- Le premier jour, nous nous baignions à Miramar, lorsqu’un jeune Algérien – vingt ans au plus – nous apporta une assiette de trois Sarouels sur un lit d’oignons. Il nous tendit l’assiette et s’en alla s’en dire un mot.
- -Le second jour, nous nous baignons au Ravin des lions lorsqu’un autre Alégrien, à peine plus bavard et pas plus âgé que le premier, nous offrit trois grenades.
- Le troisième jour, alors que nous atteignions le Phare de Stora, une femme de mon âge engagea la conversation. J’eu juste le temps de mettre mon Iphone en marche pour enregistrer ce poème qu’elle récita d’une traite : « Français et Algériens/Nous avons un lien qui nous retient/ Pensons à construire le monde de demain/ et surtout vous les Algériens qui vivez au loin/ gardez les bons côtés, soyez certains/ oubliez les souvenirs lointains que nous ont tracé notre destin. Espérons une meilleure vie pour demain. Après tant d’années, on peut oublier et s’aimer comme on ne l’a jamais fait/ frères et sœurs, et ceux qui sont dans notre cœur/ ouvrons nos portes à nos amours/ en pensant au retour pour reprendre un jour le chemin de l’amour. »
- Le quatrième jour, nous étions à la plage Molo, lorsqu’un homme de mon âge m’accosta pour me parler de notre Algérie commune. Alors que je lui racontais notre exode et notre exil, il me dit à peu près ceci : « Pourquoi êtes-vous partis ? Crois-tu que nous n’ayons pas souffert de votre départ ?Lorsque les Moudjahidines venus du maquis ont “occupé” Philippeville – ce sont ses mots –, nous nous sommes sentis exclus de notre propre ville, étrangers et vous n’étiez plus là. »
C’est au cours de ces quatre jours, qui me reviennent sans cesse à la mémoire, que j’ai compris combien nous étions frères - je le dis sans emphase et sans pathos – mais que nous ne le savions pas.
Porte-toi bien Ahmed,
Amicalement
Hubert

ahmed azeddine a dit…

Merci aux noms des nostalgiques des deux bords.Nous sommes la derniére genération et nous espéranons que nous enfants oublient cette guerre et reprenent comme avant.apropos,Alonzo fernand est de ce monde ou pas.Je vous signale que les pieds noirs d'Australie construisent ORAN etINKERMAN en souvenir de leur patelin

loudarsouni@yahoo.fr a dit…

La nostalgie m' a tenu très longtemps lorsque j'étais en France, puis le Mektoub a fait que je suis revenue chez moi en Algérie, je suis née à Skikda, jee suis la cousine de Mr Hubert RIPOLL Nos pères étaient frères
Je me souviens très bien du bazar tenu par ses parents de l immeuble Salor où ils habitaient
Je suis retournée à Philippeville MEMOIRE!!!!!! Je vis à Alger c est mon PAYS envers et contre tout Salutations LOUISE

walco a dit…

Bonsoir Monsieur Ripoll, je viens de découvrir l'existence de votre livre: "Mémoire de là-bas" par hasard. Je me suis renseignée à votre sujet (sur internet) car le GAMT, une association de généalogie, dont je suis membre depuis peu, m'a fait passer par mail votre:
"ENQUÊTE SUR LA TRANSMISSION DE LA CULTURE, DE L'IDENTITÉ ET DE LA MÉMOIRE PIED-NOIRE." Je ne peux pas remplir le questionnaire puisque je suis née avant 1962 mais mon frère, ma soeur plus jeunes ainsi que mes enfants vous le feront parvenir. La "psycho généalogie" me passionne bien que je n'y connaisse pas grand-chose mais je ressens tellement en moi la "présence" de mes ancêtres, de leur origine et de leur histoire, que le fait de savoir qu'un vrai psychologue étudie les racines pied-noires me remplit d'espérances. Je fais partie des "derniers nés là-bas" et je voudrais tant que cette mémoire se perpétue! Je vous remercie donc d'avance de votre travail. Bien cordialement. Corinne Mercadal

Hubert RIPOLL a dit…

Merci pour votre attention et vos efforts à faire connaître mon enquête dont, je m'y engage, vous connaîtrez les résultats.

BernardV a dit…

Bonsoir Hubert,

Je suis né en 1953 à Oran et fier d'être pied noir et cinquième génération à naître là-bas. Je vous remercie pour votre livre que j'ai "dévoré" et qui m'a fait beaucoup de bien. Je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à ressentir toute la souffrance de mes parents et grands parents.
Depuis trois ans que je suis à la retraite, je me suis lancé dans la généalogie. Sur mes huit arrières grands parents, j'ai six branches qui sont venus tentés l'aventure en Algérie. Je vais donc me lancer dans l'écriture de leur histoire pour expliquer aux plus jeunes de la famille certaines réalités dont personne ne parle jamais.
Merci encore à vous pour ce travail formidable.
Bien cordialement.

Bernard.

Hubert RIPOLL a dit…

Merci Bernard pour votre témoignage. Ecrire permet de dépasser ses blessures, réparer celles reçues par les personnes chères - principalement les parents - et transmettre une mémoire à sa descendance. Je vous souhaite d'y parvenir pleinement et de vous accomplir dans votre écriture. Puis-je vous demander de prendre connaissance de la nouvelle enquête que je conduis et qui fait suite à celle pour Mémoire de là-bas. Vous trouverez le lien qui mène à l'ENQUÊTE SUR LA TRANSMISSION DE LA CULTURE, DE L'IDENTITÉ ET DE LA MÉMOIRE PIED-NOIRE en tout début de ce blog. Transmettez-là au plus grand nombre : enfants, parents, amis. Je vous remercie.
Au plaisir de faire votre connaissance.
Bien amicalement.
Hubert

M ARESKY a dit…

OBSERVATIONS SUR LE MASSACRE DU 5 JUILLET 62 A ORAN
Si plusieurs ;auteurs dont Jean François Paya cité ci dessous ;sont partisans et démontrent que les désordres et le massacre d'Oran furent provoqués intentionnellement par la fraction dissidente (par rapport au GPRA) du FLN/ ALN venant du Maroc pour jouer "les pompiers pyromanes" et saboter la manifestation populaire commanditée par les partisans du GPRA :pour ne citer que les suivants l'Historien de "l'histoire du FLN" Gilbert Meynier ;non démenti par son coauteur Mohammed Harbi ;les divers journalistes d'investigation à Oran dont le précurseur Etienne Mallarde;GM Benamou:Le pére Delaparre témoins à Oran ,Guy Pujante (sur la "préméditation") Geneviéve de Ternant "agonie d'Oran" )Le sociologue historien Bruno Etienne:,(qui cite le groupe ALN venant du Maroc du village de "Dar El Kebdani "où était hébérgé A Bouteflika ! et surtout l'historien J jacques JORDI ("Un silence d'Etat") qui a eu accés par dérogation à des Archives Capitales (encore protégées à 60 ans !)
sans parler des recherches du cinéaste oranais JP Lledo: et des évocations prudentes d'autres historiens qui attendent toujours des preuves flagrantes ? où dénient sans plus de preuves contraires; comme J Monneret dans son livre "La tragédie dissimulée'avec un réquisitoire virulent mais non convainquant de la thése de Paya ! Conduisant à la remarque très justifiée que vous avancez sur
la "non responsabilité" ci dessus ! sauf à s'attaquer "aux apparences"la responsabilité des combats de l'OAS !
http://popodoran.canalblog.com/archives/2017/09/12/35667760.html
M Aresky "Membre du groupe de recherches sur le 5 juillet 62 à Oran"