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Comprendre la transmission de la mémoire intergénérationnelle

« Mémoire de là-bas » est une plongée au cœur de la mémoire de trois générations de pieds-noirs afin de comprendre comment s’est transmise leur histoire. La première génération a eu une activité professionnelle et a fondé une famille en Algérie. La deuxième génération concerne de jeunes adultes avant l’exode de 1962. La troisième génération est née en France. L’ouvrage est construit à partir d’extraits d’interviews commentés. Je ne suis ni historien, ni sociologue ou politologue, mais psychologue, et j’ai traqué les faits tels qu’ils ont été ressentis, imaginés, transmis à la descendance et reçus par elle. Cette incursion dans le souvenir révèle les représentations d’un là-bas disparu. Également les silences qui ont privé les jeunes générations de leur mémoire et de leur histoire. Pourtant, malgré cette absence de paroles, la troisième génération a accompli sa résilience. Cinquante ans après l’exode des pieds-noirs, « Mémoire de là-bas » donne enfin les clés qui permettent de comprendre un exil d’un pays qui n’existe plus.

samedi 7 avril 2012

VOS COMMENTAIRES À LA LECTURE DE MÉMOIRE DE LÀ-BAS

40 commentaires:

Anonyme a dit…

Je viens de finir votre livre en 24 heures. Epoustouflant. De l'émotion - terrible - et de la connaissance. C'est tellement vrai que l'on a été abandonné par notre mère patrie et tous ces regards hostiles en arrivant. J'ai pleuré aussi en lisant les témoignages de Gérard qui revient sur les traces de son père à Sidi Djemil et de Fabienne qui évoque son arrivée "amère" chez les Arvènes. Je vais offrir votre livre à mes enfants et petits enfants (4 entre 17 et 25 ans) et en parler à mes amis. Il faut aussi que les "patos" lisent ce livre. Ils doivent comprendre ce qu'ils nous ont fait.
Agathe (72 ans née à Mostaganem)

STEFANINI a dit…

Je viens de lire votre livre pratiquement d'une seule traite et beaucoup de souvenirs sont réapparus tout en m'arrachant beaucoup de larmes.Je suis devant mon ordinateur à vous écrire , une photo de mon mariage le 21 juin 1962 à Philippeville (Algérie Française) en l'église Saint Coeur DE Marie aujourd'hui rasée,c'etait de l'inconscience, de l'insouciance,ou tout simplement pensions nous pouvoir rester vivre dans ce si beau pays l'Algerie.Merci à tous ceux et celles qui ont bien voulu témoigner
au travers de votre livre que moi aussi je vais offrir à mes enfants avec qui malheureusement nous n'avons pas encore ouvert ce chapitre "Notre Algérie" Pierre STEFANINI

Hubert RIPOLL a dit…

A tous les lecteurs de Mémoire de là-bas postant un commentaire.
Chers/e amis/e
Vos commentaires font chaud au coeur après trois ans de doutes à l'écriture de ce livre et le désert médiatique qui accompagne sa sortie malgré une excellente campagne de presse de mon éditeur.
Je réponds volontiers sur le blog aux questions qui me sont posées. Par contre, je voudrais remercier personnellement ceux qui, comme pour les premiers commentaires, me disent leur plaisir à lire ce livre.
Bien sûr, continuez à vous exprimer sur le blog pour que d'autres aient envie de lire ce livre mais envoyez-moi un e-mail : hubert.ripoll@univ-amu.fr ou en cliquant sur mon nom en haut du blog afin que je puisse vous remercier et, peut-être, échanger avec vous.
D'avance merci,
Hubert

Anonyme a dit…

Je suis une enfant de la 3ème génération. L'Algérie était tout le temps présente chez nous mais jamais dite. Je ne me suis jamais sentie concernée jusqu'au moment où j'ai découvert votre livre. C'est drôle ce sentiment de faire partie de quelque chose qui vous est étranger. J'ai mieux compris mon père, son côté sombre, un peu déprimé chronique. Je suis bouleversée par ces exilés volontaires (ou involontaires) qui ont mon âge. Il faut que ceux de mon âge - 31 ans - lisent votre merveilleux livre plein d'érudition et de sensibilité. Mille merci.
Fabienne Alméras

Anonyme a dit…

Mon mari est pied-noir et c'est pourquoi j'ai lu votre livre. J'en ressort bouleversée. Je pense à mon beau-père maintenant décédé à qui cela aurait fait tellement de bien. A la suite de notre lecture, nous en avons parlé toute une journée et tard dans la nuit. Cela lui est remonté à flots. Cela me permet de mieux le comprendre, lui qui en parle si peu. Votre livre l'a comme délié du non-dit. Ce week-end, il a proposé à Virginie, notre fille âgée de 15 ans et demi de le lire. Que va-t-elle en penser ? Merci de nous avoir tous rapprochés de là-bas.
Delphine

Anonyme a dit…

C'est un ami qui m'a recommandé la lecture de votre livre. J'ai voulu l'acheter à Dijon mais il a fallu que je fasse trois librairies. Par ailleurs, je suis surpris de n'en entendre parler nulle part, presse, radio, télévision. Pourquoi ? Votre livre mérite mieux que ces silences.
Amicalement.
Norbert fils d'un pied-noir né à Bône

Anonyme a dit…

Je suis fils de harki et universitaire,
J'ai apprécié votre livre, bien construit, documenté et assez poignant. Je partage largement votre analyse - les harkis n'ont pas plus parlé de leur histoire à leurs enfants que les compatriotes. Je trouve cependant que vous donnez une image assez idyllique de la "cohabitation" en Algérie. Mes parents n'étaient que des chaouchs aux yeux des pieds-noirs qui vivaient là-bas et si certains plaident aujourd'hui leur cause c'est aussi pour se donner bonne conscience.
Qu'en pensez-vous ?
A. Mokrane

Hubert RIPOLL a dit…

Vous avez raison, les grandes douleurs sont le plus souvent muettes. Vous dites que je donne une image idyllique de la cohabitation. Peut-être, si c'est ce que vous percevez au travers des propos de mes contributeurs. Je l'ai dit en introduction. Je n'ai pas fait un travail de sociologue mais de psychologue. Mon objectif était de montrer comment les PN se représentent la vie là-bas et non ce qu'elle était vraiment. Pour autant, je dis à plusieurs reprises que la cohabitation n'était pas harmonieuse et que le pays était profondément injuste avec les Arabes et les juifs. J'ai même "démonté" des discours pour mettre en évidence toute l'ambiguité des représentations. Je le concède, la colonisation avait une part de perversité que tout le monde ou presque avait intégrée. L'exemple vient toujours d'en haut et celui-ci n'était pas exemplaire, loin de là. Cependant, malgré ce caractère critique, les sentiments de chaque communauté à l'égard de l'autre étaient souvent chaleureux. Ceci, personne, peut-être même pas vous, ne pouvez l'imaginer. Ceux comme moi qui l'ont perçu condamnent d'autant plus fort cet incroyable gâchis de la politique qui a été menée.
Enfin, vous dites que : "si certains plaident aujourd'hui leur cause c'est aussi pour se donner bonne conscience". Je serai plus nuancé. Les PN et les harkis sont frères d'exil. Frères pas beaux-frères encore et toujours. Ils partagent le poids de l'exil même si la douleur des harkis est d'une autre ampleur que celle des pieds-noirs. Eux n'ont pas seulement été éconduits par leur mère mais répudiés par leur mère organique et abandonnés par leur mère de substitution. Doublement meurtris dans leur chaire et dans leurs têtes. doublement abandonnés. L'exil rapproche et nous rapproche au-delà de nos différences.
Nous donnons-nous bonnes conscience ? Peut-être également.
Hubert

Anonyme a dit…

Je viens de terminer votre livre. J'ai passé de biens difficiles et excellents moments. J'y retourne régulièrement pour mieux comprendre et pour mieux me comprendre (je suis un enfant de la 3ème génération). Je suis sidérée par votre analyse lorsque je la reporte à moi-même et j'ai souvent l'impression à la lecture des interviews que c'est moi qui parle et de moi dont vous parlez. Je regrette que l'on ne parle pas plus de votre livre dans les médias. Pourquoi ? Alors moi j'en parle et le téléphone arabe marche bien.
Merci pour ce que vous avez fait pour nous.
Marie, née en 1974

Anonyme a dit…

Phillipe Vallet en a fait un excellent commentaire sur France-info début Juillet .

Anonyme a dit…

Jai lu votre livre avec beaucoup d'intérêt. Si ce n'est l'impression que vous avez été assez complaisant avec ceux que vous avez interviewés. Qu'en pensez vous ? Malgré cela (je précise que je ne suis pas pied noire) je conseille vivement lecture.
Annie

Hubert RIPOLL a dit…

A Annie,
Vous dites que j'ai été complaisant. L'ai-je été ? Je ne le pense pas. J'ai bien fait émerger les bons côtés comme les moins bons, il me semble. Certes, j'aurais pu faire glisser les interviews vers des questions plus âpres. La guerre, la torture, l'indépendance, pour le passé, et la relation à la communauté maghrébine et à l'Islam, pour le présent. Les discours eussent été tout autres. Devais-je le faire ? il s'agissait d'un autre livre. Je le rappelle, mon livre était un livre de mémoire. J'ai fait émerger celle-ci et je l'ai rapportée. Est-ce de la complaisance ? Non. De l'assistance à personne en danger de perte de mémoire.
Hubert

Ludovic Berthe a dit…

Je suis fils de "Pied-noir" de la troisième génération. Je finis de lire votre livre passionnant. Tout y est. Je me retrouve pour une grande part dans nombre de témoignages. Né en 1972 à Paris, je porte toujours cette douloureuse mémoire mêlée de rires et de larmes... Ce sentiment d'exil au sein de sa propre patrie est une souffrance permanente... J'ai parfois essayé de m'éloigner de ce lourd passé, de le mettre en veille. Mais il revient toujours comme une flamme dévorante. Je porte le traumatisme de mes parents et de mes grand-parents. Merci pour votre travail qui aide à mettre des mots sur tout cela avec une infinie délicatesse qui permet d'exprimer l'inexprimable. Je me sens moins seul...
Ludovic Berthe

Anonyme a dit…

Je ne suis pas pied-noir mais compagnon d'une pied-noire qui m'a fait découvrir votre livre. J'y ai globalement passé un bon moment, ne serait-ce que parce qu'il m'a fait mieux comprendre ce qu'a vécu mon amie. C'est aussi très bien écrit et particulièrement émouvant. Un côté me gêne qui est votre extrême compassion pour vos témoins, et, en général, pour les pieds-noirs, qui conduit à une vision très "bisounours" de la réalité, ou de ce que j'en ai perçu. Qu'en pensez-vous? Malgré cette critique, Mémoire de là-bas est un bon livre dans le genre et je suis sûr - pour l'avoir constaté parmi les proches parents de mon amie - qu'il peut jouer un rôle dans la conscience collective pied-noire et la résurgence d'une mémoire occultée parce que - et ça, je vous le concède - stigmatisée.
Jérôme Blattel (Biarritz)

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Jérôme Blattel
Complaisant, bisounours... Je me suis déjà exprimé en réaction à l'un des commentaires qui me faisait déjà ce reproche (voir plus haut). Je n'exclue pas avoir eu de la compassion envers mes témoins et que cela transparaisse à l'écriture. La question est de savoir si j'ai enjolivé la réalité et si celle-ci était autre. Ceci concernant notamment les rapports avec les "Arabes", puisque nous les appelions comme cela ; la nation Algérienne étant en devenir.
J'ai reçu, cette nuit, un e-mail d'un enfant d'alors que je me permets de diffuser sur ce mail, prenant soin de l'anonymer.
Bisounours ? Jugez-en :
"Comment expliquer a ceux qui n'ont pas vécu en Algerie ,la peine,la déchirure,le désarroi, la nostalgie, des pieds noirs au moment de quitter ,a jamais pour la plupart d'entre eux, cette terre ou ils sont nés ,ou ils ont ri et pleure ,ou ils ont grandi ... Mais comment expliquer a ces pieds noirs ,la peine ,la déchirure, le désarroi,la nostalgie naît après leur départ chez la plupart des autochtones ,ceux la même qui avaient partage, les même bancs de classes,le même travail,la même maison,le même quartier,qui étaient heureux a l'unisson lorsque l'équipe de leur ville gagnait un match, qui suivaient d'un même pas et avec la même douleur ce copain,ce voisin, cet ami, ce collègue,qu'on emmenait au cimetière ...et qu'on a attendu pendant des heures sous un soleil de plomb ou sous une pluie glaciale ,sa sortie de l'Église.
La douleur a certainement été très grande chez ceux qui se sont écorchés jusqu'au sang pour que devienne féconde cette terre d'Algerie ,mais les larmes et la sueur de tous ont irrigues les champs de blé,les vergers ,et les vignobles...
La colère,l'impuissance, la résignation ,beaucoup d'incompréhension ,des non dit ...pendant de longues années ...je crois que nous sommes arrives au temps de l'apaisement... Tous les ressentiments doivent être enfuis au plus profond de nous pour que tous les enfants et petits enfants de pieds noirs sachent que leurs parents et grands parents ,sont nés et vécurent heureux en terre d'Algerie qu'ils partagèrent leur bonheur avec d'autres qui y vivent encore ... Chaque fille ou garçon de pied noir doit comprendre qu'il est l'héritier de cette terre d'Algerie au même titre que tout un chacun ...fasse Dieu le tout puissant que les peines s'estompent et que les coeurs s'apaisent...."
Bisounours ? Je l'ai dit dans mon livre : l'Algérie était un pays très inégalitaire et les Arabes on en souffert, comme dans toutes les colonisations. Pourtant, aussi curieux que cela puisse paraître à ceux qui n'y ont pas vécu, les relations étaient amicales, voir affectueuses entre les deux communautés.
J'ignore si le témoignage de l'ami Algérien, que je ne connais pas est "bisounours". Moi, j'en ressors bouleversé et je le remercie.
Hubert

Anonyme a dit…

Je suis juif, originaire de Tlemcen.
J'ai écouté l'émission enregistrée pour Radio Chalom Nice sur votre blog. Très intéressant. A la suite j'ai acheté votre livre. Très intéressant également mais j'ai été désagréablement surpris du fait qu'il n'y ait pas un seul témoignage de juif d'Algérie. Pourquoi ?
Gilbert H.

Hubert RIPOLL a dit…

Effectivement, peu (un seul témoignage) de juifs d'Algérie. Voilà pourquoi :
J'ai appelé à témoigner sur des sites pieds-noirs, pensant que l'ensemble de ceux ayant vécu en Algérie - dont des juifs - seraient informés. C'était sans savoir que les juifs ayant vécu en Algérie se considèrent comme juifs d'Algérie plus que comme pieds-noirs. Ne consultant pas ces sites, ils ne pouvaient répondre à mon appel. Je n'ai compris cela qu'après la publication de Mémoire de là-bas, en consultant le site Morial http://www.morial.fr/ (dont je conseille la visite) qui est un site de Mémoire et Traditions des Juifs d'Algérie.
Je suis le premier à le regretter, au point de penser à rajouter un chapitre à ce livre si celui-ci était réédité. Je saisis cette occasion pour faire un appel à témoignage à votre communauté, que je vous prie
cher Gilbert H., de relayer auprès d'elle (me joindre via : ripollhubert@gmail.com)
Je vous en remercie.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

Je vous ai entendu à votre conférence à la librairie Maupetit et nous nous sommes rencontrés à la fin (je suis Jean, peut être que vous vous rappelez). J'ai lu votre livre. Je vous remercie pour cet incroyable travail de mémoire. Mon fils ainé (41 ans) qui n'avait jamais voulu (ou pu) en parler l'a lu. Depuis nous avons enfin parlé. C'est comme si lire ce livre chacun de son côté nous a réconcilié. Et apaisé. Merci, merci.
Jean Migliorini

Anonyme a dit…

J'ai assisté à votre conférence-lecture au colloque Camus à Masseube. J'en ressort bouleversée. Vous avez mis des mots sur mes silences, mes non dits et mes plaies. J'ai lu (dévoré) votre livre que vous m'avez dédicacé par ses mots : "à lire en famille". Je vais essayer. J'avoue craindre le rejet de mes enfants. Vous nous avez expliqué qu'il faut changer notre regard sur eux et qu'après tout, s'il ne veulent pas en parler, c'est bien parce que nous leur avons signifié de ne pas en parler. Je vais essayer.
Je vous remercie chaleureusement pour vos mots si durs sur notre responsabilité de parents et pourtant si réconfortant à entendre.
Marie-Jeanne

Marc Testud a dit…

6270 jours entre le débarquement en Provence de 1944 et...celui de 1962, une feuille de papier à cigarettes m'avez vous dit à Masseube en me dédicaçant votre livre. Je me souviens du 11 septembre 1948, de l'arrivée en grande pompe du gouverneur Naegelen pour le centenaire de mon village (Novi). Il avait paré les Français d'Algérie de louanges, de toutes les vertus du "colonialisme civilisateur". 14 ans plus tard, les mêmes, devenus des Pieds Noirs, étaient accusés de culpabilité historique, de colons oppresseurs responsables d'une guerre tragique. Boucs émissaires !
Merci Monsieur Ripoll pour la finesse de votre analyse concernant notre mémoire. Comme tous les "ouleds bladi" qui étaient dans la salle, je vous ai écouté avec une grande émotion.
Tous les témoignages de votre livre le prouvent,l'écriture est un vecteur indéniable de la mémoire. J'en ai pris aussi le chemin, cela s'est traduit par "L'oued de ma mémoire", un livre qui, à travers la vie d'un village, évoque la singularité des
liens culturels et affectifs qui unissent les communautés arabe et pied-noir.(éditions Siloë)
http://www.oued-de-memoire.com

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Marc Testud,
Merci pour ces quelques mots fort sympathiques après notre rapide entrevue à Masseube. Je ne manquerai pas de lire "L'Oued de la mémoire".
Au plaisir d'une prochaine rencontre.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

Parler de l'Algérie à nos enfant, oui, mais comment ?
J'étais présent à Masseube et j'ai beaucoup aimé votre présentation. J'ai bien compris pourquoi nos enfants sont si silencieux pour notre pays, à tant leur avoir interdit d'en parler. Mais voilà, j'en suis bien incapable. Par ou commencer et par où ?
C'est bien terrible car, peut-être grâce à vous, je me rends compte que nous sommes responsables de leur désintérêt et peut-être de leur indifférence.
Et voilà qu'en plus que de subir la douleur de l'exil et de la stigmatisation pour tout ce qui sent le PN, il me faut accepter l'idée que je suis responsable de l'oubli de notre mémoire. C'est dur, très dur, le savez-vous, vous qui en m'ayant fait comprendre cela avez mis du sel sur mes vieilles plaies encore toutes fraiches.
Liliane de Boufarik (76 ans)

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Liliane
Votre remarque me touche. Ainsi, ai-je mis du sel sur vos blessures encore fraîches. J'en ai bien conscience. Ce qui me touche le plus, lorsque je présente Mémoire De Là-Bas, c'est la douleur que je vois sur les visages lorsque j'évoque la question du : "Se souvenir toujours et n'en parler jamais", et que je montre comment ceux qui m'écoutent, alors qu'ils souffrent de l'indifférence, et parfois du rejet, de leurs enfants pour l'Algérie, les ont condamnés au silence. J'essaie de leur montrer que eux-mêmes doivent délier la parole qu'ils sont liée. Comment ? Je sais au moins ce qu'il ne faut pas faire. Ne pas se comporter en militant, ne pas vouloir leur apprendre la bonne histoire en lieu et place de l'histoire officielle, mais leur parler plutôt de sentiments à l'égard du pays, de l'affection que nous nous portions et que nous portions à ceux qui étaient différents de la majorité d'entre nous, européens et catholiques ; je parle des juifs et des Arabes. Cela sans tomber dans un angélisme de façade. Ce qui est le plus difficile, est d'engager la conversation après l'avoir tant interdite. Un documentaire, un débat, un livre peuvent constituer des moments propices. Il faut s'y préparer et saisir l'occasion. Je préconise de questionner plutôt que de vouloir apprendre ; le temps viendra. Sur la façon de se représenter le pays, de se représenter les grands moments : l'arrivée de leurs ancêtres pionniers et l'exode de leurs parents notamment. Pas de pathos, pas d'affliction, mais porter un regard apaisé sur votre histoire qui est aussi la leur. Et surtout ne pas considérer vos enfants comme indifférents. Peut-être vous faudra-t-il modifier la perception que vous avez d'eux afin qu'ils lisent dans vos regards que vous les considérez comme les dignes enfants de ce là-bas disparu.
Hubert

CUOMO René a dit…

Je suis un Philippevillois né en 1948 et j'ai quitté ma ville natale en Juin 1963. J'ai parcouru la plus part des commentaires sur l'apparition de votre livre que je vais acheter. Mes souvenirs restent dans ma mémoire et parfois au cours d'une discussion je me fais un plaisir de raconter ce qu'était notre vie là-bas. Le 20 Août 1955 j'avais 7 ans et avec ma famille nous étions aux premières loges sur les hauteurs du faubourg. Nous avons vu en direct les insurgés se rendre en ville. Beaucoup de personnes s'interrogent sur le fait que nos ainés sont restés pour la plupart silencieux. Je pense qu'ils étaient bousculés "psychologiquement". Ne dit-on pas: ce n'est pas parce que je suis silencieux que je n'ai rien à dire. Ma mémoire ne me fait pas défaut. J'ai toujours un coin dans ma tête où Philippeville reste enfuit. Un Pied Noir vivra toujours avec une pointe de nostalgie certaine.

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à René,
J'étais moi-même, avec mon frère, au retour de Stora le 20 août lorsque la fusillade a éclaté. Nous nous sommes cachés sous une voiture puis au "Sport Nautique" où nous avons attendu mon père venir nous chercher bien plus tard. Au retour chez nous, mes parents ont hébergé des Arabes sur le palier et qu'ils ont nourri. Nous ne les connaissions pas, il me semble, et ils semblaient aussi terrorisés que nous. Plus tard, dans l'après-midi j'ai vu de mon balcon la noria des GMC attendre devant les immeubles de la rue de Constantine, qui prolongeait la notre, leur "cargaison" d'Arabes. C'est bien évident que ceux-là n'y étaient pour rien ; ils ont payé de leur vie comme on l'a su plus tard. Ce jour là, le FLN a gagné la bataille et l'armée française son honneur. En quoi la mort de ces innocents pouvaient racheter la mort d'autres innocents massacrés par les terroristes ! Je n'ai jamais entendu une seule voix se lever contre ces exactions. Nous aurions dû. Bien qu'âgé de huit ans seulement, j'ai compris qu'il fallait que je cadenasse ma mémoire, puisque les adultes refusaient de voir. Je ne l'ai compris qu'à l'écriture de Mémoire de là-bas. J'y pense souvent depuis et ce soir, à presque minuit, votre message m'a ramené à ces moments douloureux.
Merci pour votre mot. Bonne lecture.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

J'ai découvert votre blog recommandé par un ami qui ma dit vas y. Depuis j'ai acheté votre livre. J'avais bien juré que s'en était fini avec l'Algérie et tout mes revenu comme une monstrueuse gifle. C'est pour ça que j'écris à mon tour sur votre blog pour encouragé d'autre a le faire et pour qu'il lisent votre livre.
Alfred de Tizi Ouzou

Anonyme a dit…

Bonjour,
J'ai pas lu ton livre que je trouve pas en Algérie. ça m'intéresse mai je sais pas comment faire. Mon avis c'est que jamais vous devez partir. Jamais. pourquoi les sud africains il sont pas parti, parce qui avait Mandela et nous on avait le FLN. Si vous êtes pas parti on aura jamais la guerre comme on a eu apres et maintenant on était heureux avec vous. C'es sur l'Algérie elle pouvait pas resté francaise mais on aurai vivre ensemble comme ca. C'es un grand malheur. Nous aussi on a souffert. C'es pour ca que je veux lire ton livre. Pour me rappeler de vous tous et des bon momen.
Khaled, J'ai 58 an. j'habite à Skikda comme toi avant que tu pars.

Anonyme a dit…

J'avais 10 ans lorsque je suis rentré d'Algérie un 4 juillet 1962. À La Maison nous avons observé à la lettre le « y penser toujours et n'en parler jamais ». J'ai bien réussi ma vie personnelle et ma carrière professionnelle.
Depuis l'âge de 25 ans, je me suis engagé dans un tas de causes historiques et sociales : Biafra, Cambodge, Rwanda et j'en passe... j'en ai fait mon métier au service d'O.N.G.
Il y a un an, une de mes filles m'a offert votre livre. Ce fut un coup de poing. Terrible. J'ai compris à quel point mes engagements pour toutes ces causes humanitaires étaient une façon de payer mon tribut à La mémoire de mon Algérie. Ne pouvant en parler, frappé d'un interdit de mémoire et d'évocation, j'ai été fidèle à ma manière. Quels détours !
Mémoire de là-bas m'a ouvert les yeux sur ma propre condition. Ce fut un voyage douloureux mais salutaire. Je vous en remercie.
Daniel, né à Oran

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert à Daniel,
Nous parcourons des chemins qui nous semblent uniques, puisque personnels, jusqu'au moment où nous nous rendons compte que nous n'étions pas seul. Votre témoignage me renvoie à celui d'un des lecteurs de MLB (qui m'a écrit directement) reçu récemment. Lui aussi s'est engagé pour une cause étrangère à celle de l'Algérie de ses parents. Voici ce qu'il m'a dit :
Quand je pense à tous ces silences, ces meurtrissures et aussi ces bonheurs disparus, que l'on devinait enfants et que l'on nous cachait, pour nous protéger certainement, mais qui revenaient comme des vagues de fond et affleuraient souvent, telles les îles mouvantes d'un archipel menacé de submersion. "J'ai mis du temps à réaliser que mon intérêt instinctif pour X (anonymé par moi) et sa diaspora me permettait inconsciemment de mettre des mots sur des maux, d'énoncer des traumatismes très similaires et d'analyser les chemins de résilience, mais aussi l'exigence de reconnaissance.
Je crois que le mot essentiel est là : reconnaissance.
Sans reconnaissance, on ne peut ni naître à soi-même et aux autres, ni renaître après l'abîme.
Quant au sentiment d'enfermement, de blocage et les cauchemars, enfant et adolescent ici en France (en pension de surcroît), je découvre là aussi que je n'étais pas le seul; nous étions des centaines de milliers à souffrir, chacun dans notre coin - même si ici et là mes parents, comme les autres, reconstituaient des bouts d'Algérie improvisés en pleine Auvergne ou dans cette Algérie de substitution du Roussillon.
Amicalement,
Hubert

Anonyme a dit…

Je viens de commencer la lecture de votre livre : j'en suis à la page 43. Mais il m'inspire déjà !

Je suis née à Paris, en 1974, et j'ai pour habitude de dire que je suis née de l'"union improbable d'un pied-noir d'origine espagnole et d'une Berrichonne". Je fais d'ailleurs tâche au milieu de mes cousins, avec ma blondeur et ma peau claire et j'ai le sentiment de ne pas tout à fait être comme eux, tous nés d'unions 100% pieds-noires. Mais, l'esprit aimant bien les contradictions, je me sens pied-noire, parce que nous avons les mêmes grands-parents, et ce même si ma famille paternelle est très dispersée et que je ne la connais que très peu voire pas du tout pour ce qui est de certains cousins. J'aime bien aussi me définir comme de "partout et nulle part", je trouve que ça me ressemble. En effet, née à Paris, j'ai déménagé plusieurs fois dans ma petite enfance et finalement, mes parents se sont fixés en Côte d'Or en 1982, quand j'avais 8 ans. J'aime bien y vivre, mais je n'y suis pas attachée. J'ai épousé un Côte d'Orien presque pur jus, et je l'envie, c'est clair. Pour nos enfants, j'ai d'ailleurs commencé la généalogie de sa famille, la mienne, au moins côté paternelle, étant trop compliquée.

Dans les paragraphes "Naître fils et filles de pionniers" et "vivre sans racines", j'ai trouvé des éléments de réponse. Je pensais que ne me sentir jamais réellement chez moi était dû à ces déménagements. Or, j'ai compris que c'est plus profond.

Mais une chose est sûre : un jour, je ne sais pas quand, j'irai à Oran, la ville où mon père est né, où mon grand-père et certains de mes oncles sont enterrés. J'irai sans lui, parce qu'il ne veut même pas y penser, mais accompagnée de mon mari et de nos deux fils.

J'ai hâte de lire la suite. Je laisserai un commentaire dès qu'un passage m'interpellera.

Nathalie Comparot née Vidal

PS : à me relire, je sens ma gorge se nouer...

Anonyme a dit…

Voilà, je viens d'achever la lecture. Même si toute la partie centrale du livre (chapitres 2 et 3) m'a moins interpellée, j'ai trouvé des explications et je comprends mieux certaines choses, aussi bien dans le caractère de mon père que dans le mien.

En même temps, j'ai appris beaucoup, notamment autour de la notion de mère-patrie. J'avoue que c'est un concept auquel je n'ai jamais réellement réfléchi et qui me passe un peu au-dessus de la tête, le trouvant très IIIè République. Et finalement, c'est peut-être cet abandon et cette trahison dont ont été victimes les pieds-noirs qui me fait considérer cette question avec autant de distance. En revanche, je ne me vois pas m'expatrier, en aucun cas.

Cependant, certaines réflexions dans la bouche de jeunes p234, me font froid dans le dos, car cela montre l'ampleur du travail à accomplir pour dépassionner le débat. Que des anciens parlent ainsi, passe encore. Mais de la part de jeunes, cela me choque, car ce sont eux, l'avenir et ils me donnent le sentiment d'être blessés dans leurs âmes, tout autant que leurs aînés qui, eux, ont vécu les faits. Or, comment apaiser les mémoires si même les plus jeunes n'y sont pas prêts ?

Pour avoir étudié 4 ans l'Histoire à la fac, je peux dire que rigueur et objectivité sont les maîtres-mots de la discipline. Et même si en Histoire contemporaine le témoignage est intéressant, il n'en est pas moins à manipuler avec une précaution extrême, car il est forcément empreint de sentiments et de jugements et les années peuvent également l'avoir altéré, même s'il est donné en toute bonne foi.

J'ai donc envie de dire : laissez les historiens faire leur travail en toute sérénité et faites-leur confiance.

Nathalie Comparot, née Vidal

Hubert RIPOLL a dit…

Hubert Ripoll à Nathalie Comparot

Je suis universitaire et je partage votre avis. N'oubliez pas cependant que les historiens sont aussi des hommes et des femmes et que le regard qu'ils posent sur l'histoire n'est pas nécessairement neutre parce qu'ils sont historiens. L'historien interprète des faits et pose un regard sur eux d'un "ici et maintenant" conceptualisé socialement.
Lisez par exemple "Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie" publié par deux historiens et préfacé par Benjamin Stora, historien "adoubé" de "l'Algérie". Vous verrez comment des historiens interprètent les chiffres. Au delà des chiffres il y a des thèses. Je suis sûr que le temps des historiens viendra… il viendra seulement. Attendons-le.
Hubert Ripoll

Anonyme a dit…

Je viens de lire l'épilogue ajouté à la version poche de mémoire de là-bas. Je le trouve très beau (comme le livre d'ailleurs) et très instructif. Notamment ce qui concerne la façon de parler de "là-bas" à sa descendance. Un seul reproche cependant : vous êtes trop rapide et cela mériterait un long développement. Pensez-vous le faire un jour ?
Manuel né à El Biar en 1960.

Véronique a dit…

Je viens de finir votre livre que j'ai connu grâce à la page Facebook du CDHA.
Je fais partie de la deuxième génération, née à Alger en 1957.Je suis active en associations de pieds-noirs et m'étais déjà penché sur la problématique de la transmission de la mémoire.J'ai aussi fait un voyage"retour aux sources" qui a été un des moments forts de ma vie.
Je vous félicite pour cet ouvrage dans lequel l'essentiel est dit et mis en lumière,même s'il est impossible d'être exhaustif dans un thème aussi vaste..

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je découvre votre site aujourd'hui! Et ça y est je viens de commander votre livre! Je l'attends pour le 12 mars 2016! En attendant je vais continuer à lire ces témoignages si touchant.j'ai 63 ans , mon père nous parlait "un peu" de l'Algérie. A son décès en 2012 j'ai ressenti un "vide" au delà de son absence! Comme un manque de racines! Pourtant j'ai depuis l'âge de 25 ans exploré la psychogénéalogie, le transgenerationnel, bien consciente de la blessure portée.
Je suis mère de trois enfants et grand mère de deux petites filles et je me réjouis de découvrir votre livre qui va être un appui pour témoigner de cette mémoire . Un grand merci à vous et à toutes les personnes qui vous ont répondu présents! Je porte dans mon coeur mon village natal : Les Salines d'Arzew!

Hubert RIPOLL a dit…

Bonne lecture donc chère madame des Salines,
N'hésitez pas à commenter ce livre une fois que vous l'aurez lu.
Bien amicalement
Hubert Ripoll

Anonyme a dit…

Bonjour Mr Ripoll

Et voilà...j'ai reçu le livre vendredi et dimanche je lisais les dernières pages! Émotions, gorge serrée lors de certains passages! Et des larmes.
Je vais en reprendre , tranquillement, la lecture pour intégrer certaines prises de consciences .
L'effet miroir vient refléter des pans de mon vécu enfoui sous le non dit familial....je ne savais pas d'où venait ce "manque" ressenti malgré des années de thérapie !!!!
Un grand merci pour votre engagement , pour vos compétences et pour la part du coeur qui accompagne ce chemin!
"La Dame des Salines" ...

Hubert RIPOLL a dit…

Merci Dame des Salines pour votre ressenti. Et si ce livre a ravivé des pans de mémoire enfouis, dites le autour de vous. Il y va de l'assistance à mémoire en danger. Tous devons jouer notre rôle de passeur de mémoire. Amicalement. Hubert

PONS a dit…

Votre livre est un exorcisme. Je pèse mes mots. Ces années de silence inter-générationnelles m'ont tellement pesé. J'avais 5 ans quand je suis parti, entassés dans les cales du "Ville d'Alger" avec mes grands-parents. Merci pour cette lecture que je compléterai avec plaisir au cours d'un échange qui me ferait le plus grand bien. J'ai vraiment l'impression que vous avez tenu la main de mon père pour écrire tous ces récits vécus, lui qui a toujours refusé de consigner son histoire et qui est parti comme tant d'autres.

Hubert RIPOLL a dit…

Cher monsieur Pons,
Votre message me touche profondément. Peut-être pourrions-nous échanger à l'occasion du colloque "55 ans après l'exil..." organisé à Aix-en-Provence le 18 novembre 2017, dont vous trouverez le programme via https://55apreslexil.blogspot.fr.
N'hésitez pas à vous signaler au cas où vous assisteriez.
Bien cordialement.